Doux : le volailler français bat à nouveau de l'aile

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La concurrence du Brésil mais aussi l'impact de la grippe aviaire menacent les emplois chez Doux, premier producteur européen de volaille. Un comité d'entreprise doit se tenir mardi dans la journée.

Pas moins de 800.000 euros perdus chaque semaine après un déficit de 30 millions d'euros en 2016. Voilà des chiffres terribles qui illustrent les difficultés que Doux, premier producteur européen de volaille, rencontre actuellement. En cause, la grippe aviaire et la concurrence du Brésil, comme l'explique Christophe Couroussé, le directeur général volaille du groupe Terrena, auquel appartient l'entreprise.

Certains pays ferment leurs portes aux produits français. "Un certain nombre de pays ont fermé leurs portes aux produits français. On a du dumping de nos principaux concurrents brésiliens sur les marchés d'Arabie Saoudite qui ont exporté des volumes très conséquents, en tout cas au-delà de ce que le marché peut absorber, ce qui génère une chute des prix", précise-t-il.

Entendu sur Europe 1
Est-ce qu'on veut voir cette filière avicole disparaître ? Sans aide, ça va être une vraie catastrophe sociale

"Est-ce qu'on veut un deuxième Gad ?" En un an, le prix de la tonne de volaille est passé de 2.000 dollars à 1.400 dollars. Résultat, aujourd'hui le site de Doux à Châteaulin, dans le Finistère, abat actuellement 340.000 poulets par jour contre 500.000 il y a deux ans. Nadine Hourmant, déléguée syndicale Force ouvrière, "tire la sonnette d'alarme" : "Est-ce qu'on veut voir cette filière avicole disparaître ? Si Doux disparaît, c'est un pan de la filière avicole française qui sera mort. Sans aide, ça va être une vraie catastrophe sociale. Est-ce qu'on veut un deuxième Gad avec la fermeture, carrément, de Doux ?"

Selon elle, "il y a un gros risque" pour que cela arrive. En tout, ce sont donc 1.100 salariés qui sont en danger alors que 70 CDD et intérimaires viennent d'être remerciés. Un comité d'entreprise est prévu dans la journée de mardi, au siège de la société, à Châteaulin.