Dortoirs vétustes, toilettes insalubres...Le patrimoine immobilier de l'armée fait les frais de coupes budgétaires

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Un rapport de la commission des finances du Sénat déplore le très mauvais état du parc immobilier militaire, au point de laisser les soldats dormir dans des logements insalubres.

La peinture qui s'écaille, les dortoirs vétustes, le réseau d'eau qui fuit, les toilettes insalubres... Le patrimoine immobilier de la "Grande Muette", l'un des plus importants de l'Hexagone avec 275.000 hectares d'une valeur de 16 milliards d'euros, est en très mauvais état, selon un rapport de la commission des finances du Sénat dévoilé mercredi. "L’état moyen des infrastructures de la Défense ne cesse de se dégrader", s'alarme le rapport.

2 millions d'euros de fuite d'eau. Les casernes et autres infrastructures militaires sont mal entretenues, que ce soit à la base aérienne fantôme de Vendôme ou bien encore au lycée militaire d'Autun. À la base militaire de Toulon, la facture d'eau a explosé : "Aujourd'hui le budget de l'armée supporte trois millions d'euros de facture d'eau, dont deux sont liés à des fuites d'eau, car nous ne sommes pas en état de réparer le réseau d'eau", déplore sur Europe 1 le sénateur Dominique de Legge, auteur du rapport. Les travaux pour résoudre ce problème coûteraient 60 millions d'euros, précise Le Parisien.

Les logements militaires sont particulièrement touchés par cette insalubrité, au point que les soldats dorment parfois dans des préfabriqués. "Nous hébergeons les militaires dans des conditions qui ne sont pas bonnes car elles ne sont pas au standard de ce qu'il conviendrait d'avoir", regrette encore Dominique de Legge. Certains dortoirs du lycée militaire d'Autun sont "inutilisables", tout comme les logements du camp du 2e régiment d'infanterie de marine du Mans, détaille encore Le Parisien. La dégradation des infrastructures du quotidien "a un impact défavorable sur le moral de nos forces", regrette la commission des finances du Sénat dans un communiqué. 


L'immobilier, une "variable d'ajustement". L'immobilier a constitué une "variable d'ajustement du ministère des armées", tacle encore le rapport sénatorial, et alors que les troupes sont déjà mises au régime sec avec de récentes coupes budgétaires. Alors que l'exécutif a annoncé des économies à hauteur de 850 millions d'euros en 2017, le ministère des Armées estime à 2,5 milliards d'euros ses besoins supplémentaires en matière d'infrastructures cette année.

La Défense a multiplié ces dernières années les cessions pour trouver des recettes, ce qui pose un double problème : d'une part, il n'y a plus assez de logements pour héberger les soldats, et d'autre part, ces cessions représentent un manque à gagner pour les armées. Par exemple, la vente symbolique pour 1 euro de l’îlot de Saint-Germain en 2015 représenterait une carence financière de 100 millions d'euros.