Don du sang par les homosexuels : le questionnaire modifié

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Don du sang par les homosexuels : le questionnaire modifié
@ AFP
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La ministre de la Santé a annoncé dimanche qu'un questionnaire allait être modifié pour permettre aux homosexuels de donner leur sang tout en garantissant la sécurité des receveurs.

Marisol Touraine mise sur le compromis concernant le don du sang des homosexuels. La ministre de la Santé a annoncé dimanche qu'un questionnaire remis aux donneurs de sang allait être modifié prochainement pour permettre aux homosexuels de donner leur sang tout en garantissant la sécurité des receveurs. Un changement qui permettrait aux homosexuels de donner leur sang, ce qui est pour l’heure interdit, en raison de la forte prévalence du VIH au sein de cette population.

Le nombre d’infections 200 fois plus élevé chez les homosexuels. Les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes sont 65 fois plus contaminées par le VIH que les hétérosexuels, selon Le Monde. Par ailleurs, le nombre de nouvelles infections enregistrées chaque année chez les homosexuels est 200 fois plus élevé, rappelle le quotidien du soir.

À ce jour, une seule étude en France a étudié le risque pris à ouvrir le don du sang aux homosexuels. En 2012, l'Institut de veille sanitaire a ainsi montré que de 2008 à 2010, 28 séroconversions sont apparus chez des donneurs, c'est-à-dire que leur sang s'est révélé porteur du virus du sida. Un résultat qui représente un risque théorique de 1 sur 2.900.000 dons. L'INVS a alors quantifié le risque pris si le don du sang était ouvert aux homosexuels ayant eu un seul partenaire sur l'année précédent le don : selon les scénarios retenus, le risque serait de 1 à 4 sur 2.900.000 dons.

Des rapports qui se contredisent. Pour les autorités sanitaires, le fait d’exclure les homosexuels du don du sang est une simple mesure de précaution. Mais pour les associations de défense des droits homosexuels, il s’agit d’une mesure discriminatoire.

Sollicité par la ministre pour donner son avis, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) avait estimé le 31 mars que l'exclusion permanente des homosexuels du don du sang devait être maintenue pour l'instant, dans l'attente d'une réflexion collective et de nouvelles recherches. Un précédent rapport, datant de juillet 2013, et remis à Marisol Touraine, se prononçait, lui, en faveur de l'inclusion des homosexuels dans le groupe des donneurs.

"Personne ne doit être interdit parce qu'il est homosexuel". C’est également l’avis que semble aujourd’hui partager Marisol Touraine. "Il s'agit de définir les critère du don du sang. Personne ne doit être interdit simplement parce qu'il est homosexuel et dans le même temps, nous devons garantir la sécurité absolue de ceux qui reçoivent du sang", a-t-elle déclaré sur France 3. Questionnée sur la date de mise en œuvre de la mesure, Marisol Touraine a répondu qu'elle attendait les recommandations des experts sur une nouvelle définition des comportements à risques avant de modifier le questionnaire remis aux donneurs de sang. "Ça va aller rapidement, c'est une question de semaines ou de mois", a-t-elle ajouté, tout en insistant sur la sécurité des receveurs pour lesquels "aucun risque ne peut être pris".

Des critères à préciser. C’est en effet sur ce point qu’une alternative devrait être trouvée. En résumé, pour qu’un homosexuel puisse donner son sang, les autorités sanitaires pourraient préconiser une totale abstinence, une absence de pratiques à risque (changements de partenaires, partenaires multiples) ou encore une période d’abstinence minimale.

L'Australie, le Japon et le Royaume-Uni ont par exemple imposé une période de douze mois sans relations sexuelles. L'Afrique du Sud impose, elle aussi, une période d'abstinence, mais pour tous les donneurs, qu’ils soient homosexuels ou hétérosexuels, rappelle L’Obs. Pour les scientifiques, une durée d'un an est suffisante pour s'assurer qu'une personne n'est pas infectée.

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