Dijon : la justice saisie pour annuler le prénom "Jihad" donné à un nouveau-né

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Dijon : la justice saisie pour annuler le prénom "Jihad" donné à un nouveau-né
Le procureur de la République craint que l'enfant ne soit moqué à cause de son prénom@ pixabay.com / Christianabella
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La mairie de Dijon a saisi la justice la semaine dernière pour faire annuler le prénom Jihad donné à un nourrisson. La mère va recevoir une assignation pour une audience devant le juge aux affaires familiales de Dijon, a confirmé le procureur de la République mardi.

La mairie de Dijon a saisi la justice pour faire annuler le prénom Jihad, choisi la semaine dernière par la mère d'un nouveau-né, a indiqué mardi le parquet de la ville.

Une audience prochaine devant le juge aux affaires familiales. "Le parquet de Dijon a bien reçu le dossier de la part du maire de Dijon. Nous allons ce jour délivrer une assignation en matière d'annulation de prénom à l'attention de la mère de l'enfant pour une audience devant le juge aux affaires familiales de Dijon", a indiqué le procureur de la République de Dijon, Eric Mathais, confirmant une information du quotidien régional Le Bien Public.


"Ce prénom est nécessairement associé aux mouvements islamistes intégristes". "Même si le prénom de Jihad ou Djihad est un prénom attribué dans le monde arabe et qui signifie sur le livre des prénoms du monde arabe : 'combat sacré' ; 'guerre sainte' ; 'travail' ; 'effort' et qu'il peut donc avoir un sens positif, il n'en demeure pas moins que dans l'opinion publique et au vu du contexte terroriste actuel, ce prénom est nécessairement associé aux mouvements islamistes intégristes", a expliqué le magistrat. Ce dernier a en outre souligné craindre pour l'enfant "une stigmatisation, voire des moqueries ou des remarques désobligeantes". 

De Jihad à Jahid. "S'il n'est pas accepté, j'échangerai deux lettres et je l'appellerai Jahid", avait déclaré samedi au Bien Public la mère du petit garçon, comme cela avait déjà été le cas en avril pour le nourrisson d'un couple de Haute-Garonne dans une affaire similaire. Elle avait néanmoins ajouté qu'elle se réservait "le droit de faire appel à un avocat" pour contester la décision si les motivations du refus ne lui "convenaient pas".