Des matières cancérigènes dans les barres Kinder ?

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Des matières cancérigènes dans les barres Kinder ?
@ Capture d'écran YouTube
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Une association de consommateurs a constaté la présence de substances jugées "potentiellement préoccupantes".

Quand un simple goûter risque de nous mettre en danger. Foodwatch, une association de consommateurs allemande, a publié cette semaine une étude alarmante : plusieurs produits de grande consommation contiendraient des substances potentiellement cancérogènes. Les produits pointés du doigt ? Les friandises "Sun Rice Classic Schokohappen" d'Aldi, les bonbons "Fioretto Nougat Minis" de Lindt et… les célèbres barres chocolatées "Kinder chocolat" (et leur version XXL, "Kinder maxi").

Des substances "potentiellement préoccupantes". Selon l'étude de Foodwatch, une association indépendante fondée en 2002 par Thilo Bode, l'ancien directeur international de Greenpeace, les substances en question se nomment "hydrocarbures aromatiques polycycliques (MOH)", des huiles minérales raffinées. Quels sont les risques exactement ?

En 2012, l'Agence européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) avait publié un rapport classant ces substances comme "potentiellement préoccupantes" si elles étaient ingérées sous forme de nourriture. "L’impact potentiel des MOH sur la santé humaine varie largement; les MOH dits 'aromatiques' peuvent agir comme des cancérigènes génotoxiques (c’est-à-dire qu’ils peuvent endommager l’ADN et ainsi provoquer le cancer), tandis que certains MOH 'saturés' peuvent s’accumuler dans les tissus humains et induire des effets indésirables pour le foie", expliquait l'agence. Or, selon l'association, une dose préoccupante de ces deux types de MOH se retrouverait dans les Kinder et les deux autres produits pointés du doigt.

"La seule option, c'est la pression publique". Ce type de produits est parfois utilisé pour lubrifier les machines ou les emballages, mais ils ne sont pas censés entrer en contact avec la nourriture. "Nous avons confronté les résultats de notre recherche avec les producteurs, leur demandant de retirer [les produits] du marché. Ils nous ont répondu qu'ils n'avaient enfreint aucune loi", explique Johannes Heeg, membre de l'association. "La seule option que nous avons, c'est la pression publique, c'est ce que nous faisons. Nous testons des produits, nous informons le public de ne plus acheter ces produits jusqu'à ce le producteur ait résolu le problème", poursuit-il, cité par la RTBF.

"Des produits créés avec une qualité extrême". Ferrero, qui commercialise les Kinder, a réagi dans un communiqué, assurant que ces produits ne sont pas dangereux pour la santé. "Ferrero voudrait rassurer les consommateurs que tous les produits Ferrero sont créés avec une qualité extrême. La plus grande attention est portée à la sécurité des produits toujours conformément à toutes les législations légales", explique la marque dans un communiqué cité par Le Parisien.

Pourtant, le groupe ne dément pas le caractère potentiellement dangereux des substances incriminées. Et assure faire tout son possible pour en limiter la présence. "Comme cette question a une influence sur plusieurs industries et aussi en raison de la complexité du sujet, un effort commun de toutes les parties prenantes de chaîne alimentaire est exigé, y compris le commerce des matières premières dans et en dehors de l'Europe". "Chez Ferrero, ensemble avec tous nos partenaires de chaîne d'approvisionnement, nous travaillons sur des solutions techniques pour minimiser ces substances omniprésentes autant que possible et éviter leur transfert et leur migration à la nourriture", poursuit la marque.

Pas de règlementation. Malgré le rapport de l'EFSA en 2012, aucune règlementation n'existe en Europe sur ces substances, faute d'études vraiment fiables à leur sujet. Il n y'a aucune dose maximale légale autorisée. Difficile, donc, de vérifier si les doses pointées du doigt par l'association représente un réel danger pour le consommateur.