Des associations appellent François Hollande à créer un musée de l'esclavage

  • A
  • A
Des associations appellent François Hollande à créer un musée de l'esclavage
Un mémorial de l'esclavage a été inauguré en Guadeloupe en mai 2015. @ Helene Valenzuela / AFP
Partagez sur :

15 ans après la loi Taubira, plusieurs associations demandent à François Hollande la création d'un musée de l'esclavage en métropole. 

Plusieurs associations antiracistes ont exhorté François Hollande à créer un "musée de l'esclavage" en France métropolitaine, dans un appel publié lundi, veille de la journée commémorative de l'esclavage qui marque aussi cette année les quinze ans de la loi Taubira. "Ce 10 mai 2016, le chef de l'Etat a l'occasion de faire preuve de la hauteur de vue qui fait souvent défaut aux responsables politiques français lorsque le passé douloureux est évoqué", en annonçant "l'ouverture d'un musée de l'esclavage dans l'Hexagone", soulignent SOS Racisme et le Cran (Conseil représentatif des associations noires de France) dans un communiqué.

Un musée dans l'Hexagone. Rappelant que la loi Taubira reconnaissant la traite négrière et l'esclavage comme des crimes contre l'Humanité a été votée il y a quinze ans, le communiqué souligne que "plusieurs organisations comme SOS Racisme, le Cran, la Licra et le Crif" (Conseil représentatif des institutions juives de France) ont demandé au gouvernement l'ouverture d'un tel musée dans l'Hexagone et qu'elles "attendent la réponse ou la non-réponse qui sera livrée le 10 mai".  

François Hollande doit participer à la commémoration de la XIe journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions mardi matin à Paris. Pour avancer sur ce projet "un comité d'études va être constitué", qui "travaillera en relation avec des spécialistes de la question de la traite, avec la Cité de l'immigration ainsi qu'avec d'autres associations", précise la Licra.

Un programme de "réparations". Par ailleurs plusieurs associations (dont beaucoup de locales) ont dressé un "programme d'action pour les réparations", avec diverses revendications : mise en place d'une fondation pour la mémoire de l'esclavage, abondée par l'Etat et les entreprises ayant bénéficié de la traite, instauration d'un jour férié le 10 mai, travail sur les programmes scolaires, lutte contre les violences policières... "On ne peut plus parler d'esclavage sans parler de réparations", estime Louis-Georges Tin du Cran, dans une tribune publiée par Libération

En 2006, l'ancien président Jacques Chirac avait fait du 10 mai une journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions. L'esclavage a été officiellement aboli en France en 1848.