Dans le centre de rétention du Mesnil-Amelot, le traumatisme des enfants

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Dans le plus grand centre de rétention de France, 54 enfants ont été retenus l'an dernier. Cette pratique ne devrait pas disparaître, malgré la colère des associations et des élus.

REPORTAGE

Faut-il continuer à enfermer les enfants dans les centres de rétention ? L'an dernier, 275 enfants sont passés par ces centres en métropole. La France a déjà été condamnée à six reprises par la Cour européenne des droits de l’Homme. Pourtant, le projet de loi asile et immigration - débattu depuis lundi à l'Assemblée - ne prévoit pas de faire disparaître cette pratique. Europe 1 s'est rendu au Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, où se trouve le plus grand centre de rétention de France métropolitaine. L'an dernier, 54 enfants y ont été retenus.

Pas d'équipements pour les bébés. Derrières les hautes grilles en métal rehaussées de barbelés trône un toboggan jaune au milieu d'une petite cour. C'est ici que sont placées les familles en attente d'expulsion. Cette zone dédiée ne compte aucune activité spécifique, aucun équipement. "Il n'y a rien de prévu pour l'accueil des enfants. Il n'y a pas de lits pour les nourrissons, pas de lits-parapluie, juste des tables à langer qui peuvent être mises à disposition", alerte Mathilde Godoy, de la Cimade, qui intervient au Mesnil-Amelot.

Les enfants exposés à la violence carcérale. Cette travailleuse sociale s'inquiète surtout de la violence de cet univers carcéral, à laquelle on expose directement ces enfants. "Une petite fille albanaise est venue dans mon bureau pour me demander : 'Pourquoi les policiers ont insulté mon papa ?' Les bras m'en sont tombés. Les enfants subissent toute cette violence au premier plan", souligne Mathilde Godoy au micro d'Europe 1. 

"Traumatisant" pour les enfants". Pour le député de la majorité Matthieu Orphelin, qui a déposé un amendement pour la suppression de cet enfermement, il est urgent de mettre fin à cette pratique. "C'est complètement contraire aux engagements internationaux pris par la France sur les droits de l'enfant. Se retrouver dans une prison à ciel ouvert, c'est forcément traumatisant. Il faut donc absolument mettre dans la loi que ce genre de pratique ne peut plus avoir lieu sur notre territoire métropolitain", défend-il sur Europe 1.

Sa demande est soutenue par de nombreuses personnalités et associations comme l'Unicef, ou encore le défenseur de droits Jacques Toubon.