"Crois-tu en Allah/Dieu/Yahvé ?" : "On est complètement en dehors de la charte de laïcité", dénonce un enseignant

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Face  aux questions "de l'ordre de l'intime" du document, certains enseignants ont contacté l'inspecteur d'académie pour faire annuler le questionnaire. 

INTERVIEW

La religion a-t-elle sa place dans les écoles publiques de Corse ? Un questionnaire destiné aux élèves d'une centaine d'écoles primaires et du secondaire en Corse, dans le cadre d'une étude sur la diversité commandée par l'Assemblée de Corse dirigée par les nationalistes, fait polémique sur l'île. Un thème en particulier dérange, celui de la religion. 

"Crois-tu en Allah ?". Dans un questionnaire d'une vingtaine de pages, les questions sont plutôt banales : prénom, âge, profession des parents... Arrive ensuite la question des langues parlées à la maison puis à la fin du fascicule on peut lire : "As-tu une religion ? Est-ce que tu crois en Allah, Dieu ou Yahvé ? Est-ce que ta mère ou ton père a une religion ?" Certains enseignants ont reçu ce document dès vendredi dernier.

"Ce sont des questions de l'ordre de l'intime". Pour l'Assemblée de Corse, il s'agit de mener une étude sur la diversité culturelle. Mais pour Fabien Minéo, enseignant du syndicat SNUipp (Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles et Pegc), c'est une dérive. "Nous avons un principe de neutralité religieuse. Demander à un enfant s'il mange du porc, si lors de la semaine sainte il mange de la viande ou s'il mange casher, ce sont des questions de l'ordre de l'intime. On ne peut pas demander aux enseignants de la République d'aider un enfant de 8 ans à répondre à ce genre de questions. On est complètement en dehors de la charte de laïcité que, je le rappelle, on fait signer en début d'année aux parents d'élèves."

Des questions qui font polémique. Des enseignants ont contacté l'inspecteur d'académie pour demander l'annulation de ce questionnaire. Certains politiques corses sont également montés au créneau. Le président divers gauche de l'agglomération de Bastia a même l'intention d'en appeler directement à la ministre de l'Éducation nationale.