Corruption : le calvaire d’un "lanceur d’alerte"

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Corruption :  le calvaire d’un "lanceur d’alerte"
@ MaxPPP
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Cinq ans après avoir dénoncé un système de corruption présumé, un ancien entrepreneur de Moselle raconte son calvaire. 

Faute de décision judiciaire, cette affaire en Moselle ne figure pas sur la carte de France des corrompus, publiée ce mardi par l’ONG Transparency, à l’occasion de la journée internationale contre ce fléau.

Car l’affaire traîne depuis plusieurs années. Depuis sa dénonciation d’un vaste système présumé de corruption, Patrick Malick, ancien entrepreneur du BTP près de Forbach, en Moselle, dit vivre un calvaire. Tout commence en 2009, lorsqu’il raconte à la justice ce qu'il a vécu de l'intérieur pendant des années : pots-de-vin, corruption, et même financement occulte de parti politique. Un système selon lui "mafieux", qui l’a transformé en "balance", explique-t-il à Europe 1. "Je suis devenu indésirable, puisqu’ils savaient que je ne voulais plus marcher dans ces combines. On m’a mis de nombreux bâtons dans les roues pour que je ne puisse plus travailler et que je dépose le bilan", raconte Patrick Malick, sans emploi depuis deux ans. 

Si l’enquête est au point mort, Patrick Malick se sent toujours menacé. "Ce mois d’août, nous sommes partis en vacances pour les enfants et à notre retour nous avons trouvé notre maison complètement brûlée, plus de vêtements, plus de meubles, plus de souvenirs, une vie balayée", confiait son épouse en octobre. L’ancien entrepreneur assure également avoir aperçu des visiteurs du soir sur son toit. "Où cela va-t-il s’arrêter ? On est bien décidé à me faire disparaître…", craint Patrick Malick.

Un "lanceur d'alerte" isolé et sous pression, estime Anticor. L’association anti-corruption a donc décidé de se constituer partie civile. Car dans cette affaire, Patrick Malick a été condamné pour diffamation envers un élu local, une peine qui sera examinée en appel dans quelques jours.

Mais pour Eric Alt, vice-président d’Anticor, ce dossier est emblématique. "Les collectivités et les citoyens paient 50 à 60 % de plus qu’ils ne devraient payer. Derrière tout cela, il y a évidemment un financement politique", assure-t-il, au micro d’Europe 1. Un financement local présumé occulte, qui impliquerait un élu UMP. Reste à en établir la preuve : l’instruction est toujours en cours, cinq ans après.