Sommés de payer leur PV, les policiers sont furieux

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Sommés de payer leur PV, les policiers sont furieux
@ EMILIEN CANCET / AFP
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Selon la préfecture de Paris, les infractions au Code de la route commis par des fonctionnaires de police ont augmenté de 49% au premier semestre 2016.

Personne n’est au-dessus des lois. Pas même les fonctionnaires de police. Le 24 août, le directeur de cabinet du préfet de police a adressé une note à la direction de la PJ faisant état d’une "augmentation significative de 49% des infractions au Code de la route" au premier semestre 2016, révèle Le Parisien. Parmi les infractions les plus fréquemment constatées : excès de vitesse, franchissement de feux rouges ou stationnements gênants. Le rappel à l’ordre s’accompagne d’une injonction de s’acquitter de la note pour les agents verbalisés. "Hors les cas insurmontables directement liés à l’urgence de la mission de police (…), aucune mesure de classement ne pourra être envisagée, sans exclure d’éventuelles sanctions disciplinaires", indique la note, qu’Europe1.fr a pu consulter.

Entendu sur Europe 1
On va devoir demander aux personnes qu’on poursuit de s’arrêter au feu rouge !

"Maintenant, on va devoir demander aux personnes qu’on poursuit de s’arrêter au feu rouge !", ironise Fabien Vandermerlick, secrétaire national du syndicat de police Alliance. Et d’ajouter : "quand on grille un feu ou qu’on se gare mal, ça répond à la réalité du terrain." En plein état d’urgence, alors que les fonctionnaires de police sont mis à rude épreuve, dire que la note a été accueillie froidement est un euphémisme. "La PJ collabore à la lutte contre le terrorisme, nous sommes constamment sollicités pour nous rendre sur des colis et des individus suspects", insiste Philippe Capon, secrétaire général d’Unsa-Police. C’est également ce contexte de l’état d’urgence qui explique, selon lui, la forte augmentation des infractions.

"Rappel des règles du Code de la route". Officiellement, les fonctionnaires de police peuvent franchir les feux tricolores lorsqu’ils ont activé leur gyrophare et la sirène. "Mais à la PJ, nous travaillons quasiment systématiquement en voiture banalisée. Quand on est sur certaines enquêtes ou pendant une filature, on ne va pas sortir le ‘gyro’", s’agace Philippe Capon. De même, poursuit Fabien Vandermerlick, "on ne va pas faire trois fois le tour du quartier pour trouver une place de parking, lorsqu’on doit faire des interpellations."

De son côté, la préfecture de police fait valoir au Parisien qu'il s'agit d'un "simple rappel des règles du Code de la route à respecter".