C'est quoi une "bonne ville" ? La réponse d'Orsenna

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L'académicien et ancien président de l'École nationale supérieure du paysage Erik Orsenna était invité dimanche dans l'émission C'est arrivé demain. 

INTERVIEW

Un être humain sur deux vit en ville, et bientôt ce sera deux sur trois. L'académicien Erik Orsenna a établi trois critères qui permettent de définir ce qu'est une "bonne ville". Il s'agit d'un espace où les services sont offerts et fonctionnent (eau, énergie, santé...), d'un endroit dynamique (où ça bouge, où il y a des opportunités et des emplois) et enfin où il y a du tissage (de la mobilité et du lien social). Invité dans C'est arrivé demain, il évoque notamment Paris et son avenir.

"Et si le bon espace était la ville plus que les nations ?". L'académicien est critique vis-à-vis de la capitale française. "Quand on parle du Grand Paris, il m'a toujours paru trop petit. On n'a pas intégré Le Havre, un port magnifique, ni Rouen, dynamique. Le diamètre d'une mégalopole aujourd'hui, ça peut être 200 km." Erik Orsenna considère une ville comme une entreprise ou un projet. "Une ville, c'est la bonne taille pour mener des projets politiques. Et si, au fond, le bon espace, c’était celui d'une ville et pas celui des nations ?" De là, l'importance aussi d'aménager selon lui des réseaux entre les villes moyennes.

"Lyon en avance, Paris en retard". Lyon est citée en exemple par le spécialiste. "Elle regarde autant Milan et Turin que Paris et réussit à tisser des liens étroits avec Saint-Etienne. Paris est en retard. Ce n'est pas possible que l'on oublie la mer." Car aujourd'hui, place à l'urbanisation : "tout le monde veut aller vers les villes". Mais aussi vers le littoral. "Il y a peu de villes sans côtes ou sans fleuves. La connectique, ce ne sont pas que les réseaux, c'est aussi l'eau."