Cellules psychologiques : un manque de professionnalisme alarmant

  • A
  • A
Cellules psychologiques : un manque de professionnalisme alarmant
cellule psychologique@ AFP
Partagez sur :

Hélène Romano et Boris Cyrulnik dénoncent leur dérive dans un livre-enquête glaçant.

"Cellule psychologique d'urgence". A chaque fait divers, à chaque crash d'avion, à chaque accident dramatique, l'expression revient en boucle dans les médias, inspirant la confiance en matière de prise en charge des victimes. Mais deux grands noms de la médecine - Hélène Romano et Boris Cyrulnik - dénoncent aujourd'hui dans un livre -"Je suis victime" - le manque de professionnalisme de ces cellules qui feraient parfois pire que mieux.

Ni briefing, ni préparation. Ultra-organisées et animées par de grands professionnels, les cellules psychologiques ? Pas vraiment. Les bénévoles se retrouvent souvent bombardés sur le terrain sans aucune préparation. Julie, psychothérapeute, en a fait l'expérience lors d'une intervention sur un incendie : "on se retrouve parachutés dans une situation catastrophique et il faut gérer des bénévoles désorientés et désadaptés, qui viennent d'un peu partout et d'un peu nulle part en même temps", a-t-elle expliqué sur Europe1. "Il n'y avait pas de briefing initial, ni de coordination. Je suis très inquiète pour les victimes", a ajouté la jeune femme.

Des troubles aggravés. Les personnes qui interviennent commettent des erreurs en matière de prise en charge. Par exemple, elles ont tendance à vouloir absolument faire parler les victimes. Or, ce n'est pas forcément conseillé. Autre erreur courante : sur-victimiser. Hélène Romano, co-auteur du livre choc, estime que l'on leurre les gens : "on leur fait croire qu'ils vont être pris en charge, que l'on va fait attention à eux et, en fait, on ne leur apporte pas une prise en charge adaptée". Conséquences pour les victimes ? "A moyen terme et à long terme, cela peut déboucher sur des troubles aggravés".

Quelle solution ? Pour en finir avec ces dérives, Hélène Romano prône une solution radicale : renoncer à mettre en place de manière systématique des pseudos cellules d'urgence et les réserver à des cas exceptionnels.