Cancer : ce que le droit à l’oubli pourrait changer pour les malades

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Cancer : ce que le droit à l’oubli pourrait changer pour les malades
@ AFP
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NON A LA DOUBLE PEINE - Le projet de loi santé revient en discussion à l’Assemblée nationale. A l’intérieur, des amendements très importants pour les malades du cancer.

Instaurer un véritable "droit à l’oubli" pour les malades guéris du cancer, François Hollande en a fait la promesse en 2014. Pour en finir avec le passé médical qui "colle" à la peau des anciens malades et qui rend impossible l’obtention d’un prêt ou d’une assurance, l’association Rose a récemment proposé une série d’amendements au projet de loi santé qui vont en ce sens. Votés à l’unanimité au Sénat, ces textes doivent être désormais approuvés par l’Assemblée nationale. Avant les discussions dans l’hémicycle, Europe 1 vous présente les changements concrets que pourrait apporter ce "droit à l’oubli".

Les trois amendements prévus par le "droit à l’oubli" :

- Le droit à l’oubli 5 ans après la fin des traitements pour tous les cancers 

- Le droit pour les jeunes, diagnostiqués jusqu'à 18 ans, à ne plus déclarer leur cancer 5 ans après la fin des traitements

- L'interdiction pour les assureurs de cumuler surprimes et et exclusions de garantie dans le même contrat d'assurance

  • Valérie, 48 ans, ancienne malade du cancer du sein

Sa situation actuelle : En 2007, Valérie apprend qu’elle a un cancer du sein. Après plusieurs années de combat contre la maladie, elle finit par guérir. "Pour se reprojeter dans la vie, il faut souvent emprunter", confie Valérie à Europe 1. Et de raconter sa terrible expérience : "j’ai donc décidé de recourir à un emprunt immobilier avec mon mari. Le prêt nous a été accordés sur la base de nos revenus mais nous n’avons pas réussi à obtenir d’assurance. Les assureurs n’ont accordé une protection qu’à mon mari. Résultat, tout ce qui m’arrive ne sera pas pris en compte…"En août 2013, elle crée l’entreprise Intermède Cancer (ventes de produits pour pallier les effets secondaires du cancer). Très rapidement, elle essaie de contracter un crédit pour son entreprise. Premier refus. "L’année suivante, je retente ma chance", rembobine Valérie. "J’ai obtenu un prêt avec une assurance et des très grosses surprimes de 75%. Je paie 75% plus cher que pour une assurance de base", déplore-t-elle.

Ce que la loi pourrait changer pour elle : "Je suis à +5 ans de rémission de mon cancer", raconte Valérie. "Avec la loi, je pourrai donc emprunter sans que personne ne voie quoi que ce soit dans mon dossier médical".

  • Anne-Sophie, 28 ans, ancienne malade du cancer

Sa situation actuelle : En 2011, alors qu’elle finit ses études en Allemagne, des douleurs dans le dos gênent de plus en plus Anne-Sophie. Après plusieurs examens, le diagnostic tombe : un sarcome d’Ewing, forme très rare de cancer qui touche 80 personnes par an en France. Après une grosse année de traitements et une lourde opération, Anne-Sophie sort vainqueur contre la maladie. En rémission depuis presque 3 ans, elle lutte toujours contre cette "double peine injuste" et a même créé une association pour les jeunes malades du cancer (l’association On est là). "L'ancienne loi prévoyait un délai d’attente de 15 ans avant que disparaisse la maladie dans le dossier médical. A l’heure actuelle, je sais que je ne pourrai pas emprunter avant mes 40 ans", s’étrangle-t-elle.

Ce que la loi pourrait changer pour elle : "Avec le droit à l’oubli, je pourrai récupérer un quotidien normal", explique encore Anne-Sophie. Il ne lui resterait plus "que" sept ans avant que son dossier médical redevienne vierge.


  • Noémie, 31 ans, ancienne malade du cancer du sein

Sa situation actuelle : En 2012, cette jeune comédienne apprend la terrible nouvelle : cancer du sein. Après plus de deux ans de traitements, Noémie" entrevoit la fin du tunnel". "Mais il y a toujours cette petit voix qui vous rappelle que vous êtes malade et que ne pouvez pas emprunter", regrette-t-elle. "Je veux pouvoir oublier, ce n’est pas une demande incroyable !"

Ce que la loi pourrait changer pour elle : Actuellement en rémission depuis début novembre, elle ne pourra pas contracter de prêt avant ses… 46 ans. "Je sors à peine du cancer mais je serai toujours fichée comme malade si la loi ne passe pas", assure Noémie.