Calais, ville déprimée

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La présence du camp de migrants a des effets néfastes sur l'activité économique de la ville, désertée par les entreprises et les touristes.

REPORTAGE

L'image est frappante. Le centre commercial, au cœur de la ville, est quasi-désert. Elle résume à elle seule la déprime générale qui règne à Calais.

"Calais est devenue une ville morte". La librairie de Delphine Van Den Broeck a perdu 50% de chiffre d'affaires en un an. "Calais est devenu une ville morte", confie la commerçante. "On a perdu énormément, parce que les gens ne veulent plus sortir, alors qu'ici, en centre-ville, on ne voit pas de migrants."

Les projets économiques stoppés net. Les touristes de passage ne s'arrêtent plus à Calais et des grands projets économiques sont stoppés net, comme la nouvelle ligne de trains de marchandise entre le port de la ville et Perpignan, que portait Jean-Marc Puissesseau, président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) Côte d'Opale. "Cet investissement de 7 millions d'euros fait par le port de Calais devait conduire à la seule plateforme routière-ferroviaire en Europe. Tout était prêt. Des clients étaient prêts à mettre des remorques sur les trains, et le projet a donc été interdit par Bernard Cazeneuve, pour risque de présence de migrants sur ce train", explique-t-il au micro d'Europe 1.

Exode. En conséquence de ces tensions migratoires, de plus en plus d'habitants quittent la ville de Calais. James Demeester, agent immobilier, croule sous les annonces de vente. "On assiste à une petit exode de gens qui travaillent dans des grandes sociétés comme EDF ou la SNCF, qui ont demandé leur mutation parce qu'ils ne savent pas trop ce que va devenir Calais. On a un acquéreur pour six maisons en vente", détaille-t-il. Un secteur est particulièrement sinistré : celui situé autour de la "jungle", aujourd'hui classé invendable.