Calais à nouveau confrontée au retour des migrants

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Selon les associations, ils seraient 600 à dormir dans les bois à même le sol.

Malgré le démantèlement de la "Jungle" en octobre dernier, ils sont à nouveau plusieurs centaines de migrants à se trouver dans les environs de la ville. Ils espèrent passer en Grande-Bretagne. Et en attendant, ils vivent dans le plus grand dénuement. Les associations humanitaires sont à pied d'oeuvre, mais les autorités font tout pour éviter l'installation d'un nouveau camp sauvage. Elles dénoncent une véritable "chasse aux migrants" et ont saisi le Tribunal administratif de Lille.

Des "rescapés" qu'il faut accueillir. Cela fait plusieurs jours désormais que, malgré l'interdiction de la préfecture, le curé de la paroisse Saint-Joseph à Calais a ouvert son jardin pour permettre la distribution de repas aux migrants. Un simple geste de charité, dit-il. "Les personnes qui sont là sont d'abord des rescapés pour moi. Ils ont échappé à la mort d'une manière ou d'une autre et rien que pour ça, ils méritent respect et accueil me semble-t-il."

"Les gens sont épuisés, harcelés". Harcelés, parfois pourchassés par les forces de l'ordre, les réfugiés, environ 600 selon les associations, dorment dans les bois à même le sol. "Pas d'endroit pour dormir, pas de tente, pas de toilettes, pas de douches...", décrit Maya Konforti de l'association L'Auberge des migrants. "Les gens sont épuisés, ils sont harcelés. Tout est fait pour essayer d'écraser le problème mais il devient encore pire." Une situation qui a poussé le défenseur des droits à appeler cette semaine les autorités à ne plus nier la présence de ces migrants.

De plus en plus de migrants. Et bientôt, ils devraient être encore plus nombreux. "L'expulsion du bidonville n'a pas fait disparaître les exilés", rappelle Vincent De Coninck du Secours Catholique. "En Italie, je pense qu'il y a plus 30% d'arrivées par rapport à l'année dernière au même moment. Donc nécessairement à Calais, il va y avoir des arrivées." Et c'est pour obliger les autorités publiques à organiser un accueil décent de ces migrants que les associations ont saisi le tribunal administratif de Lille. L'audience se tiendra le 21 juin.