Une crèche de Noël pourra rester à la mairie de Béziers

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Une crèche de Noël pourra rester à la mairie de Béziers
@ SEBASTIEN NOGIER / AFP
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C'EST TRANCHÉ - Le tribunal administratif (TA) de Montpellier a rejeté vendredi la demande d'enlever la crèche de Noël installée dans l'hôtel de ville de Béziers au nom de la laïcité.

La crèche de Noël installée dans l'hôtel de ville de Béziers ne bougera pas. Le tribunal administratif (TA) de Montpellier a, en effet, rejeté vendredi la demande d'un Biterrois et de la Ligue des droits de l'homme d'enlever cette crèche installée par le maire Robert Ménard, proche du FN, dans la mairie.

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"Pas d'atteinte aux principes de laïcité". Dans un jugement de cinq pages, la juge Marianne Hardy a justifié sa décision par défaut d'urgence, "en l'absence de circonstances particulières qui auraient pu résulter, notamment de troubles à l'ordre public". "Il ne résulte pas de l'instruction, ni des explications apportées à l'audience que la décision d'installer une crèche dans le hall serait de nature à porter" atteinte "aux principes de laïcité et de neutralité", écrit-elle.

Une audience centrée sur la loi de 1905. La crèche de la Nativité est "une atteinte à la laïcité" car elle "symbolise" la naissance du Christ, un événement "au coeur de la religion chrétienne", avait plaidé dans la matinée Me Sophie Mazas, avocate des plaignants. Pour la ville de Béziers, Me Raphaële Hiault-Spitzer avait assuré que cette crèche n'avait "rien de cultuelle, mais qu'elle "était culturelle" et ne contrevenait donc pas à la loi de 1905 qui interdit les emblèmes (la croix, le foulard...) ou les signes religieux.

Que dit la loi exactement ? L’article 28 de la loi de 1905 dispose qu'il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions".

Une décision à l'encontre de celle prise en Vendée. Début décembre, le tribunal administratif de Nantes avait, au contraire, décidé d'interdire une crèche de Noël présente dans les locaux du conseil général de Vendée au nom de la neutralité du service public.

Quelle décision pour Melun ? Le tribunal administratif de Melun s'est également penché vendredi sur la requête de défenseurs de la laïcité qui demandaient au maire de cette commune de Seine-et-Marne de retirer la crèche installée à l'hôtel de ville. Il rendra sa décision lundi.