Bernard Ravet, ancien principal de Collège : "depuis 1905, l'école ne prend pas en compte le religieux"

Bernard Ravet est un ancien principal de trois des collèges les plus difficiles de Marseille.
Bernard Ravet est un ancien principal de trois des collèges les plus difficiles de Marseille. © Europe 1
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Bernard Ravet, ancien principal de collèges de Marseille, est revenu vendredi sur Europe 1 sur son combat contre l'emprise de la religion à l'école : "il faut que l'Etat pose l'institution scolaire comme un élément pour construire la citoyenneté".
INTERVIEW

Pendant quinze ans, Bernard Ravet, ancien principal dans trois des collèges les plus difficiles d’Aix-Marseille, auteur de "Principal de collège ou imam de la République" (éditions Kero), a lutté contre l'entrée dans l'espace laïc qu'est l'école de la religion.

Vendredi sur Europe 1, il a rappelé combien pour lui il est important "de changer nos postures" face à ce sujet. "La République, c'est la séparation de l'église et de l'Etat. Mais aujourd'hui le religieux est tel qu'il faut que l'Etat pose l'institution scolaire comme un élément pour construire la citoyenneté", précise-t-il. "Depuis 1905, l'école ne prend pas en compte le religieux comme quelque chose contre quoi elle doit s'opposer et construire autrement."

"Une réalité qui est en train de monter". Pourtant, le religieux s'immisce de plus en plus dans l'enceinte des établissements. Dans son livre, Bernard Ravet explique ainsi avoir appris qu'un de ses surveillants jouait le rôle de prédicateur auprès des élèves. "Il diffuse des petits ouvrages en dehors de l'établissement qui prônent la charia. Et d'un seul coup, on ne comprend plus. Et les profs sont totalement désarçonnés quand un jeune garçon répond à une prof que c'est normal de couper la main d'un voleur. A partir de là, on est en 2004, et on se rend compte que c'est une réalité qui est en train de monter mais on ne sait pas faire", regrette-t-il. "Les seuls qui savent dans le système administratif sont les gens des Renseignements généraux. Ils savent depuis des mois pour le surveillant, mais ils n'ont rien dit. Ca se passe à Marseille, mais ça pourrait se passer dans le 93 ou dans la banlieue lilloise".

"Dans chaque gamin, une pépite". Pour autant, l'ancien principal se dit optimiste : "j'ai l'ultime conviction que dans chaque gamin il y a une pépite fabuleuse et que si c'est l'Education nationale qui la polit on peut faire des gamins brillants".