Bac philosophie 2017 : les sujets des épreuves en série S

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Bac philosophie 2017 : les sujets des épreuves en série S
Les lycéens ont quatre heures pour rendre leur copie de philosophie.@ MARTIN BUREAU / AFP
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Intérêts privés, culture, droit à l'erreur : voilà le programme pour l’épreuve de philo sur laquelle ont planché les candidats au bac S.

BAC

Bac 2017, top départ ! Comme d’habitude c’est la philosophie qui a donné le coup d’envoi des épreuves écrites du baccalauréat pour les 520.000 lycéens de terminale générale ou technologique. Pour les près de 200.000 élèves de la série S, la philosophie n’est "que" coefficient 3. Mais réussir sa première épreuve est le meilleur moyen de bien se lancer pour la suite. Et voilà les sujets auxquels ont été confrontés les lycéens scientifiques.

Deux sujets de dissertation :

  • Défendre ses droits, est-ce défendre ses intérêts ?

  • Peut-on se libérer de sa culture ?

Un commentaire de texte, extrait de Dits et Écrits (1978) du philosophe français Michel Foucault :

"À la limite, la vie, c’est ce qui est capable d’erreur. Et c'est peut-être à cette donnée ou plutôt à cette éventualité fondamentale qu’il faut demander compte du fait que la question de l’anomalie traverse de part en part toute la biologie. À elle aussi qu'il faut demander compte des mutations et des processus évolutifs qu’elle induit. À elle qu’il faut demander compte de cette mutation singulière, de cette "erreur héréditaire", qui fait que la vie a abouti avec l’homme à un vivant qui ne se trouve jamais tout à fait à sa place, à un vivant voué à "errer" et destiné finalement a l’"erreur". Et si on admet que le concept, c’est la réponse que la vie elle-même donne à cet aléa, il faut convenir que l’erreur est à la racine de ce qui fait la pensée humaine et son histoire. L'opposition du vrai et du faux, les valeurs qu'on prête à l’un et à l’autre, les effets de pouvoir que les différentes sociétés et les différentes institutions lient à ce partage, tout cela même n’est peut-être que la réponse la plus tardive à cette possibilité d’erreur intrinsèque à la vie. Si I'histoire des sciences est discontinue, c’est-à-dire si on ne peut l’analyser que comme une série de "corrections", comme une distribution nouvelle du vrai et du faux qui ne libère jamais enfin et pour toujours la vérité, c’est que, là encore, l’"erreur" constitue non pas l'oubli ou le retard d'une vérité, mais la dimension propre à la vie des hommes et au temps de l’espèce."