Autorisés à garder les cellules souches de leur enfant, une première en France

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Autorisés à garder les cellules souches de leur enfant, une première en France
À sa naissance, l'enfant se verra prélever du sang du placenta et de son cordon ombilical à des fins de congélation. Image d'illustration. @ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Des parents en devenir espèrent que ces cellules pourront servir à l'avenir à soigner leur enfant s'il est atteint un jour d'une maladie grave. 

Pour la première fois en France, la justice a autorisé un couple à conserver des cellules souches de leur enfant qui est bientôt à naître. Le tribunal de grande instance de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, leur a en effet donné son feu vert afin qu'il puisse prélever et garder le sang de son cordon et du placenta, rapporte lundi Le Parisien.

Congélation. À la naissance de l'enfant, ce sang, riche en cellules souches, sera donc prélevé en partie, puis conservé par le biais d'une congélation à -176°C dans une banque de conservation britannique. 

Dans quel but ? Si la justice a pris cette décision exceptionnelle, c'est que les futurs parents espèrent que les progrès de la médecine dans l'avenir permettront d'exploiter au mieux ces cellules afin de guérir certaines pathologies. Et pour cause, ils ont tous les deux été touchés par des morts dans leurs familles proches dues à des maladies graves. Le père de la future maman est ainsi décédé d'un cancer du pancréas et sa grand-mère, elle, a eu un cancer du foie et du pancréas. Le papa en devenir, lui, souffre de plusieurs pathologies lourdes et héréditaires. Pour le couple, les cellules souches pourront ainsi être utilisées si leur enfant, à son tour, déclare une maladie grave. 

Une conservation par anticipation. Jusque là, la justice permettait juste l'utilisation de cellules souches du cercle familial pour soigner une personne malade. Dans ce cas présent, "c'est la première fois que la justice autorise une conservation par anticipation", a expliqué l'avocat des parents en devenir, Me Emmanuel Ludot. Noël Milpied, chef du service d'hématologie et de thérapie cellulaire au CHU de Bordeaux, regrette, lui, que cette décision ne se base sur aucun fondement scientifique. De plus, si cette décision fait jurisprudence, "cela pourrait devenir inquiétant. On verra se développer des démarches plus commerciales que médicales", explique-t-il dans les colonnes du Parisien.