Autisme : "Sortir en famille, c'est un parcours du combattant"

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Liam, 6 ans, est atteint d'une forme sévère d'autisme, mais bénéficie grâce à l'association "Autistes sans frontières", d'un encadrement novateur.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Lorsqu'il s'agit d'autisme, il est souvent question des enfants à fort potentiel, les autistes Asperger, et moins de l'autisme sévère. Liam, 6 ans, vit à La Roche-sur-Yon et souffre d'une forme particulièrement handicapante d'autisme. À l'occasion de la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, Europe 1 a suivi le quotidien de ce petit garçon.

Des gestes simples. Rien n'est évident pour Liam : parler, jouer, ni même enfiler un vêtement. Pour l'accompagner, il bénéficie d'une structure unique en France, mis en place par "Autistes sans frontières" : un centre avec ergothérapeutes, psychologues, éducatrices spécialisées, et une auxiliaire de vie qui le suit toute la journée, à l'école, dans ses loisirs et jusque chez lui.

Iptissem, accompagnatrice de Liam, doit rester à moins d'un mètre de lui. Elle essaie à tout prix de lui apprendre à communiquer, à prononcer ne serait-ce qu'un son. Car dès qu'on le laisse tout seul, Liam prend dans ses mains des cailloux, du sable ou des cartes à jouer et les manipule, les laisse retomber, parfois pendant des heures. En un mot, le garçonnet s'enferme.


"Des longs mois d'apprentissage". Grâce à cette structure unique, des spécialistes de l'autisme viennent jusque chez lui, plusieurs heures par semaine, pour épauler ses parents et leur expliquer, par exemple, comment ranger ses jouets sur une étagère, en hauteur, pour le forcer à les demander, et ce afin qu'il communique. "Sortir en famille, c'est un parcours du combattant. Tous les mètres il s'arrête, égrène la terre, les cailloux. Une petite balade de 30 minutes pour tout le monde, dure deux heures pour nous", explique Rathana, la mère de Liam. "Maintenant, il peut marcher sans être focalisé sur la terre, mais ça a été des longs mois d'apprentissage".

Les parents de Liam, restaurateurs tous les deux, ont dû arrêter de travailler pendant près de deux ans pour s'occuper de leur fils, avant de découvrir la structure d'"Autistes sans frontières". Depuis, ils ont racheté un restaurant à la Roche-sur-Yon, et leur horizon s'éclaircit enfin. Ils espèrent que d'autres familles trouveront le même soulagement.