Aulnay-sous-Bois : un policier mis en examen pour viol, les trois autres pour violences volontaires

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Un policier a été mis en examen pour viol et trois autres pour violences volontaires, après avoir gravement blessé au niveau du rectum un jeune homme lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois.

Un policier a été mis en examen pour viol et ses trois collègues pour violences volontaires en réunion après qu'un jeune homme a été gravement blessé à coups de matraque lors de son interpellation jeudi à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, a annoncé dimanche le parquet de Bobigny. Les quatre fonctionnaires ont été placés sous contrôle judiciaire et trois d'entre eux se sont vus interdire d'exercer l'activité de fonctionnaire de police, indique le parquet dans un communiqué, sans plus de précision.

L'Intérieur suspend les quatre fonctionnaires. Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs suspendu dimanche soir les quatre policiers mis en examen, a annoncé le porte-parole du ministère de l'Intérieur à l'AFP.

Le parquet de Bobigny avait ouvert dimanche matin une information judiciaire pour "violences volontaires en réunion par personnes dépositaires de l'autorité publique" à l'encontre des quatre fonctionnaires auteurs de cette interpellation, qui a choqué la cité des 3.000. Mais, au vu des éléments de l'enquête, le juge d'instruction a estimé que "les éléments constitutifs de la qualification de viol" étaient suffisamment établis pour le policier "soupçonné d'avoir porté les coups de matraque", explique le parquet de Bobigny. Ce fonctionnaire a également l'interdiction de "paraître en Seine-Saint-Denis".

Le jeune homme toujours hospitalisé. Gravement blessé au niveau de la zone rectale, le jeune homme de 22 ans était toujours hospitalisé dimanche, après avoir été opéré. Lors de son hospitalisation jeudi, un médecin avait diagnostiqué au jeune homme, par ailleurs blessé au niveau du visage et du crâne, "une plaie longitudinale du canal anal" et une "section du muscle sphinctérien", et lui avait prescrit 60 jours d'incapacité totale de travail (ITT).

Dans son communiqué, le parquet revient sur les circonstances de l'interpellation, qui a valu aux quatre policiers d'être placés en garde à vue le 2 février dans les locaux de l'IGPN pendant 48 heures. Ils "procédaient au contrôle de l'identité d'une dizaine de personnes après avoir entendu les cris caractéristiques des guetteurs de points de vente de stupéfiants", explique-t-il. "Au cours de cette opération, ces fonctionnaires tentaient de procéder à l'interpellation d'un homme de 22 ans. Au regard de la résistance de ce dernier (...), les fonctionnaires tentaient à la fois de maîtriser l'intéressé et de sécuriser la zone en faisaient usage de gaz lacrymogène et pour l'un d'entre eux d'une matraque télescopique". 

La victime accuse un policier de l'avoir violée. Le parquet de Bobigny indique encore que l'homme interpellé s'est plaint à son arrivée au commissariat "de douleurs importantes l'empêchant de s'asseoir" et qu'il a été constaté, après son transport à l'hôpital, "qu'il présentait des blessures au niveau du visage et du crâne, mais surtout au niveau du rectum". D'après la victime, un des policiers lui aurait introduit sa matraque dans l'anus lors de son interpellation. Des incidents ont éclaté dans le quartier de la Rose-des-Vents samedi à Aulnay-sous-Bois, où une voiture a été incendiée.

"Un terrible accident". Dimanche soir, l'avocat du policier, Frédéric Gabet a assuré à Europe 1 qu'il s'agissait d'un "terrible accident". "Il a dit qu'il ne voulait à aucun moment causer quelque blessure que ce soit à la victime et que ce coup avait été porté de manière totalement involontaire sans qu'il ait conscience d'avoir blessé l'intéressé au moment où il l'a porté. D'ailleurs personne ne l'a constaté au moment des faits. Tout cela a été constaté à l'arrivée au commissariat au moment où la victime saignait. En tout cas il a réaffirmé qu'il n'avait pas voulu porter ce coup",a-t-il précisé.