Augmentation du prix du tabac : "ça veut dire que l'on met la santé en numéro un"

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Le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue et secrétaire général adjoint de l'Alliance contre le tabac, a réagi à l'annonce d'Edouard Philippe, mardi soir sur Europe 1. 

INTERVIEW

C'est l'une des mesures concrètes annoncées par Edouard Philippe lors de son discours de politique générale, mardi devant l'Assemblée nationale : le passage progressif du prix du paquet de cigarettes à dix euros. Invité d'Europe nuit, mardi soir, le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et tabacologue, s'est félicité de cette mesure, la jugeant lourde de symboles politiques. 

"Les lobbies du tabac en numéro deux". "C'est une très bonne chose que le Premier ministre le reprenne à son compte, parce que depuis longtemps les ministres de la Santé essaient de faire remonter les prix du tabac, qui est une méthode efficace pour lutter contre le tabagisme, et c'est bloqué par Bercy ou le Premier ministre et l'Elysée", estime l'expert. "Là, ce n'est plus bloqué, ça veut dire que l'on met la santé en numéro un et les lobbies du tabac en numéro deux. C'est un ordre qui me va tout à fait."

Entendu sur Europe 1
On sait qu'une augmentation du prix de 14% va faire diminuer la consommation d'entre 7 et 12%

Une baisse prouvée de la consommation. "Ça va se faire progressivement, il faut le faire en trois fois par exemple", poursuit Bertrand Dautzenberg. "On sait qu'une augmentation de 14% va faire diminuer la consommation d'entre 7 et 12%. Ça marche de façon constante, l'OMS l'a publié, il y a des centaines d'études là dedans dans tous les pays du monde." Une efficacité qui s'applique à toutes les populations ?  "Surtout chez les fumeurs hésitants et chez les fumeurs débutants", reconnaît le médecin. "Un fumeur qui est complètement drogué à la nicotine, de toute manière, quel que soit le prix, il l’achèterait, et sinon il volerait la banque pour avoir les sous pour le faire..."