Aubervilliers : le ras-le-bol de la communauté chinoise, victime d'agressions à répétition

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La communauté chinoise de la ville se mobilise après le décès, vendredi, d'un homme de 49 ans agressé cinq jours plus tôt.

Non à la violence ! C'est le message sous forme de cri de la communauté chinoise à Aubervilliers. Plusieurs centaines d'habitants se sont rassemblés dimanche devant la mairie pour exprimer leur ras-le-bol. La semaine dernière, un cuisinier de 49 ans qui marchait dans la rue s'est fait passer à tabac pour une sacoche et en est mort. Cette communauté, très implantée dans la ville, et la mairie dénoncent l'escalade d'agressions racistes à son encontre. 

"On s'imagine qu'ils doivent avoir de l'argent". Les commerçants de la communauté chinoise sont installés à l'entrée de la ville. La marchandise, maroquinerie et textile notamment, est stockée dans d'immenses hangars. Les vitrines sont surplombées d'enseignes en chinois. "C'est un endroit dédié à l'import-export qui est très majoritairement tenu par des commerçants chinois, décrit Rui Wang, président des jeunes chinois de France. On s'imagine qu'ils doivent avoir de l'argent. Il y a des gens qui vont transformer ça en acte d'agression". 

"Un très vieux cliché". Les agresseurs ne ciblent pas seulement les commerçants mais l'ensemble de la communauté, comme l'expliquent deux étudiantes : "Quelqu'un est passé en scooter à côté de nous, a plongé sa main dans l'ouverture de la fenêtre et a tenté de voler le sac de ma mère", raconte l'une. Son amie précise le mode opératoire : "A scooter, ils sont deux et il y en a un qui descend, casse la vitre et pend le sac." A chaque fois, le butin des voleurs n'est que de quelques dizaines d'euros selon l'une des jeunes filles qui dénonce des agressions racistes : "Les personnes n'ont rien sur elles. C'est un très vieux cliché. Au début, c'est parti d’entrepreneurs qui transportaient peut-être du liquide mais c'est fini."

Désemparés, les membres de la communauté chinoise demandent plus de caméras de vidéosurveillance. Mais la plupart ont déjà changé leurs habitudes et disent ne plus sortir seul le soir dans la ville.