Attentat raté des Champs-Élysées : "On pensait à un accident", raconte un gendarme

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Un gendarme qui était à bord du fourgon percuté par Adam D., l'assaillant des Champs-Élysées, a accepté de livré son témoignage au micro d'Europe 1.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Il était sur les Champs-Élysées lundi, lorsqu'un homme lourdement armé a foncé avec sa voiture sur le fourgon de gendarmerie mobile dans lequel il se trouvait avec ses collègues. Ce gendarme n'a pas tout de suite pris conscience qu'il venait de réchapper à une tentative d'attentat. Vendredi, il a témoigné de son expérience au micro d'Europe 1.

"On a découvert sur lui un pistolet automatique". "Au moment où l'arrière de son véhicule est arrivé à mon niveau, il y a eu un embrasement complet de l'intérieur du véhicule. Je suis rapidement descendu pour essayer de secourir la personne qui était l'intérieur", raconte-t-il. "On pensait simplement au départ à un accident de voie publique. Et lors de la vérification pour tenter d'identifier cette personne, on a découvert sur lui un pistolet automatique. On a donc pris les dispositions nécessaires à la préservation de la zone, à l’évacuation de la foule", se remémore le gendarme. L'homme qui vient de les percuter sciemment s'appelle Adam D., il a 31 ans et a laissé une lettre d'allégeance à l'Etat islamique avant de commettre son attaque.

Entendu sur Europe 1
Je lui ai parlé à travers la portière, je l'avais directement devant moi

"Je lui ai parlé à travers la portière". Le procureur de la République de Paris François Molins a par ailleurs précisé, jeudi, qu'Adam D. avait conçu "un dispositif qui, selon toute vraisemblance, avait pour objet de faire de son véhicule un engin explosif". Ont notamment été retrouvés à l'intérieur de sa Renault Mégane des armes, des milliers de munitions, deux bouteilles de gaz de 13 kg chacune, et une besace calcinée qui contenait de très nombreux projectiles ressemblant à des ogives.

"Je me dis clairement 'on a eu de la chance'", affirme le gendarme au micro d'Europe 1. "On a d'abord été mis à la disposition de la cellule antiterroriste du 36, quai des Orfèvres, et c'est bien après, lorsqu'on a eu l'ensemble des renseignements, qu'on a réalisé qu'on était passé à côté de quelque chose", témoigne-t-il. "Il a quand même frappé le véhicule à mon niveau, je lui ai parlé à travers la portière, je l'avais directement devant moi. Si ça avait pu aller jusqu'aux limites de sa volonté… On a quand même eu énormément de chance."