Attentat déjoué : "J'ai voulu le sortir de son pétrin et il s'est servi de mon appartement pour préparer un attentat"

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Mohammed a logé l'homme soupçonné d'avoir voulu préparer un attentat à l'explosif, dans son appartement, près de Montpellier, pensant rendre service à une connaissance.

INTERVIEW

Une histoire d'amour et un projet d'attentat… Quatre personnes, soupçonnées de préparer un attentat imminent, ont été interpellées vendredi matin près de Montpellier. Parmi elles, un couple formé d'un jeune homme de 20 ans et d'une adolescente de 16 ans. Thomas, converti et radicalisé, qui prévoyait selon les enquêteurs de se faire exploser sur un site touristique parisien, a rencontré la jeune fille sur Internet, à qui il promettait le mariage. Brouillé avec sa famille dans les Ardennes, sans emploi et sans toit, il avait rejoint sa petite-amie dans le Sud. Elle l'avait alors hébergé en secret dans la cave de l'appartement familial à Montpellier, avant qu'une connaissance n'accepte de lui offrir l'hospitalité il y a quelques jours. 

"Jamais je n'aurais pensé qu'il allait fomenter un attentat chez moi". "C'était pour le dépanner, laisser quelqu'un dans une cave quand même… Ça me donne envie de vomir, je me retrouve dans cette histoire maintenant… J'ai voulu le sortir de son pétrin et lui s'est servi de mon appartement pour préparer un attentat", a réagi sur Europe 1 Mohammed, qui a voulu rendre service à l'adolescente en accueillant le jeune homme de 20 ans dans son appartement à Clapiers, en banlieue de Montpellier.

"Je l'avais laissé ici deux ou trois jours, il devait partir mercredi ou jeudi. Jamais je n'aurais pensé qu'il allait fomenter un attentat chez moi", explique encore le logeur, tombé des nues. Le Raid a trouvé plusieurs grammes d'explosifs à son domicile, lors de la perquisition vendredi matin. Mohammed assure ne s'être rendu compte de rien : "Il parlait religion mais c'était un peu évasif."

"Une fois elle me parle de Daech". La jeune adolescente de 16 ans, qui portait le voile intégrale, était encore scolarisée il y a peu. Un jour, elle a parlé de Daech avec une femme de ménage de la mosquée du quartier. "Elle ne parlait pas beaucoup, elle apprenait la religion sur Internet. Une fois elle m'a parlé de Daech (acronyme arabe du groupe État islamique, ndlr), et je lui ai dit que Daech ce n'était pas les musulmans, qu'il fallait qu'elle fasse attention à ça et qu'elle n'apprenne pas la religion sur Internet", témoigne Myriam au micro d'Europe 1. "Mais elle n'avait pas l'air de m'écouter, d'être butée. Elle est tombée sur des psychopathes", estime-t-elle. La jeune fille était fâchée avec son père, un homme non converti qui vivait en région parisien. C'est lui qui a donné l'alerte pour sa fille radicalisée.