Attentat de Nice : les enquêteurs se tournent vers une piste italienne

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Attentat de Nice : les enquêteurs se tournent vers une piste italienne
Chokri C., un proche de l'auteur du massacre de Nice, aurait pu séjourner à Gravina, dans le sud de l'Italie, quelques jours avant le 14 juillet.
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Selon des informations du Journal du Dimanche, les activités et les relations italiennes de l'un des mis en examen dans l'affaire du massacre de Nice orientent une partie de l'enquête vers les Pouilles.

Et si une partie de l’attentat de Nice s’était préparé de l’autre côté des Alpes ? L’analyse des données informatiques saisies par les enquêteurs dans le téléphone et les ordinateurs de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, l’auteur de l’attaque au camion qui a coûté la vie à 84 personnes, a conduit à la mise en examen jeudi de trois hommes pour "complicité d’assassinats en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste". Parmi eux, un certain Chokri C., inconnu des services français, et qui a vécu dans les Pouilles de 2013 à 2015, ce qui a poussé les enquêteurs à se tourner vers l’antiterrorisme italien, selon des informations du Journal du Dimanche publiées le 24 juillet.

Des empreintes et un inquiétant message. Le suspect, dont les empreintes ont été retrouvées dans le camion qui a servi au massacre, aurait participé aux repérages effectués par Bouhlel quelques jours avant son passage à l’acte. Les deux hommes ont échangé de nombreux messages via les réseaux sociaux. Début avril Chokri C. conseillait ainsi au (futur) terroriste de charger le camion de "2.000 tonnes de fer". Il ajoute : "coupe-lui les freins mon ami, et moi je regarde", relate l’hebdomadaire.

Dans un message audio enregistré par Bouhlel le 14 juillet, mais jamais envoyé et semblant évoquer la préparation d'une seconde action, le suspect est explicitement cité : "Le pistolet que tu m'as donné est très bien. Dis à ton copain qu'il m'en ramène cinq. Chokri et ses amis sont prêts pour le mois prochain, maintenant ils sont chez Walid."

Un réseau italien ? Chokri C. aurait conservé de nombreux contacts en Italie, où il aurait de nouveau séjourné peu avant le 14 juillet, à Gravina, une ville des environs de Bari, aux allures de carte postale. Parmi les relations transalpines du suspect, le JDD évoque des Tunisiens et des Albanais, sans qu’un lien soit établi avec les deux Albanais déjà mis en examen dans l’affaire de Nice, et soupçonnés d’avoir fourni à Bouhlel le 7.65 avec lequel il a tiré contre les policiers.

Les perquisitions conduites à la dernière adresse connue de Chokri en Italie ont permis la saisie de documents "en cours de traduction et d’analyse", a précisé la justice française au JDD. Mais "la piste italienne n’est qu’un élément parmi les autres" a toutefois nuancé un enquêteur auprès du journal. Au total, cinq suspects ont été mis en examen et écroués dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Nice.