Après l'incendie du camp de Grande-Synthe, les migrants temporairement relogés

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Deux ministres sont venus mardi superviser le relogement dans cinq gymnases d'un millier de migrants, sur les 1.400 qui occupaient le camp détruit lundi soir par le feu.

Une solution d'hébergement d'urgence a été trouvée mardi soir pour un millier des quelque 1.400 migrants, après la destruction du camp de Grande-Synthe près de Dunkerque, la veille. Ils ont été relogés dans cinq gymnases. Le gouvernement propose dès mercredi de répartir ces réfugiés dans des centres d'accueil et d'orientation, comme après le démantèlement de la jungle de Calais.

Le camp ne sera pas reconstruit. "Nous ne pensons pas qu'en reconstituant un camp dans ce lieu, par exemple, ce soit la solution. Nous allons poursuivre l'ouverture de places en centres d'accueil et d'orientation sur toute la France, y compris dans le département", a affirmé mercredi soir Emmanuelle Cosse, la ministre du Logement, accompagnée du ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl. Il faut "que toutes ces personnes aient des conditions d'accueil digne et qu'elles présentent aussi leur demande d'asile en France afin de sortir de la menace dans laquelle elles se trouvent avec les réseaux de passeurs", a-t-elle ajouté. "Une utopie", pour Corinne Torre, coordinatrice des programmes à Médecins sans frontière interrogée par Le Monde. Selon elle, il n'existe pas 1.500 places libres dans ces centres d'accueil et d'orientation. 

L'obsession du passage en Grande-Bretagne. Il n'est pas non plus certain que les réfugiés de Grande-Synthe acceptent facilement de quitter le littoral, car l'immense majorité d'entre eux, Kurdes, Irakiens ou Afghans, restent obsédés par le passage en Grande-Bretagne. "Si l'on veut aller là-bas, ce n'est pas pour le plaisir. Ma famille est en Grande-Bretagne, il faut que j'y aille", confie l'un d'entre eux.

Des conflits entre réfugiés. Un autre problème se pose, celui des conflits entre ethnies. C'est d'ailleurs une rixe entre réfugiés kurdes et afghans qui a provoqué l’incendie de lundi soir, faisant treize blessés. Certains migrants, des Afghans pour la plupart, ne veulent donc pas rejoindre les gymnases de la ville où dorment les Kurdes. Une grande partie d'entre eux a donc été amenée à Dunkerque dans un gymnase loin des Kurdes irakiens, mais d'autres ont préféré se cacher ou longer la ligne de chemin de fer en espérant rejoindre Calais. "On pense que c'est mieux là bas, on fera de notre mieux", assure Mohamed, une couverture sur les épaules.

Des dispositifs de surveillance sur le littoral. Comme lui, quelques centaines de migrants sont dispersés sur le littoral. "Il va falloir trouver rapidement une solution d'urgence. Je pense qu'ils vont tenter le tout pour le tout et faire en sorte de passer vers la Grande-Bretagne", craint Gilles Debove du syndicat de police Unité SGP-FO. Pour éviter que les migrants dispersés ne mettent en place des barrages sur l'autoroute pour pouvoir monter dans des camions pour rejoindre l'Angleterre, l'Etat a mis en place des dispositifs de surveillance sur l'ensemble du littoral.

Des appels aux bénévoles. Les associations se préparent également à un retour des migrants dans les squats ou les mini-camps sauvages. Ils ont d'ailleurs lancé des appels aux bénévoles pour les distributions de repas, de vêtements et de couvertures, pour les réfugiés qui dormiraient dans la nature.

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Le camp de Grande-Synthe a été presque totalement détruit par les flammes lundi soir. (AFP)