"L'alcool est un facteur de risque de perte d'emploi"

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Pour le docteur Nicolas Prisse, directeur de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, l'alcool a des conséquences non seulement sur la santé, mais également sur la société. 

INTERVIEW

"L'alcool n'est pas une substance anodine". Invité d'Europe 1 Bonjour jeudi à l'occasion de la troisième journée nationale de prévention : "Alcool et travail... parlons-en !", le docteur Nicolas Prisse, président de la Mildeca - mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives -, dresse un bilan de la consommation d'alcool des Français et des conséquences sur l'emploi et sur la société.

L'alcool peut mener au chômage. D'après un questionnaire auquel ont répondu 200.000 Français, il y a 2,5 fois plus de problèmes d'addiction à l'alcool chez les chômeurs. Mais la consommation d'alcool est présente avant la perte d'emploi : "Une partie des gens au chômage ont commencé à boire quand ils avaient un emploi", confirme le docteur Nicolas Prisse. "Et c'est cette consommation d'alcool qui les a projetés dans cette perte d'emploi. On peut donc en déduire que l'alcool est un facteur de risque de perte d'emploi", révèle-t-il au micro d'Europe 1. 

30% des hommes entre 18 et 35 ans ont une consommation dangereuse. "On n'a pas encore pris suffisamment l'ampleur de la consommation française d'alcool compte tenu des conséquences sur la santé et le comportement", avance le président de la Mildeca. "Un tiers des viols en France sont commis sous l'emprise de l'alcool". "Et les résultats de l'enquête confirment l'importance du problème, plus particulièrement sur les hommes entre 18 et 35 ans", révèle-t-il. "30% d'entre eux ont une consommation dangereuse, ce sont des phénomènes importants".


Les femmes sont également touchées. L'enquête révèle également que cinq millions de Français ont une consommation à risques et deux millions sont dans une dépendance vis-à-vis de l'alcool. Et parmi eux, on voit de plus en plus de femmes. "On voit une très nette différence entre la consommation des hommes et celle des femmes", constate Nicolas Prisse. "Les hommes qui consomment quotidiennement sont plus dans une catégorie sociale défavorisée, avec une éducation de moins haut niveau", explique l'expert. Pour les femmes, c'est l'inverse : on est dans les catégories socio-professionnelles supérieures avec des métiers stressants". "On a l'impression d'un relâchement avec la consommation d'alcool, le soir en particulier", détaille-t-il. 

Comment savoir si notre consommation d'alcool est risquée ? 

"L'alcool n'est pas une loi de tout ou rien", commence par rappeler Nicolas Prisse. "C'est un continium de risques : plus on boit, plus c'est risqué". "Mais on sait qu'au-delà de dix verres par semaine, peu importe l'alcool et quel que soit le sexe, le risque augmente sensiblement", révèle-t-il. "Ce qui fait moins de deux verres par jour". "Les recommandations vont même à préciser qu'il faut des jours sans consommation et qu'il faut boire de l'eau avant, pendant, ou après avoir bu". "Il faut également s'alimenter pendant que l'on boit de l'alcool pour avoir une 'consommation plaisir' qui va aider à éviter les complications", déroule-t-il. Avant de conclure : "chaque année, l'alcool entraîne le décès de 50.000 Français". 

Votre consommation d'alcool est-elle dangereuse ? Pour le savoir Europe 1 vous propose de faire un rapide test validé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour connaître votre niveau de dépendance à l'alcool.