Agressions, mutineries : un syndicat de surveillants appelle à bloquer l'accès aux prisons

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Agressions, mutineries : un syndicat de surveillants appelle à bloquer l'accès aux prisons
Les surveillants pénitentiaires manifestent contre leurs conditions de travail@ AFP
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Face à la "dégradation constante" de la sécurité en prison, les syndicats de surveillants ont appelé à divers actions.

Une mutinerie à Vivonne, dans la Vienne, une agression djihadiste à Osny, dans le Val-d'Oise : face à la "dégradation constante" de la sécurité en prison, les syndicats de surveillants ont appelé à diverses actions jeudi, pouvant aller jusqu'au blocage des établissements.

Un appel lancé le jour de la présentation du budget. "Stop face aux agressions, mutineries, prise d'otages, menaces terroristes", "Nous ne sommes pas des cobayes de l'administration au sein d'unités dédiées mises en place sans effectifs et sans mesures réelles de sécurité", a prévenu le syndicat FO, le deuxième chez les surveillants après l'Ufap. Symboliquement, c'est le jour de l'annonce de la présentation du budget et alors que le ministre a déjà annoncé la construction de plus de 10.000 places sur dix ans, que FO a appelé au blocage des prisons.

Un blocage des sites dès 6h du matin. "Le blocage des accès aux sites commencera dès 6h du matin. Avec une exception au centre pénitentiaire de Fresnes, dans le Val-de-Marne, où on organise une "Nuit debout" à partir de 18h30, avec blocages des extractions, des retours et barbecue", a indiqué Jérôme Nobecourt, délégué FO pour l'Ile-de-France. "On a atteint un tel niveau de surpopulation carcérale qu'on a parfois des mutineries sans revendication. En 2015, on a eu 4.000 agressions de surveillants. Pour 2015, on devrait atteindre les 5.000", a-t-il affirmé.

Des détenus radicalisés difficiles à prendre en charge. Et en région parisienne, où les détenus radicalisés ou poursuivis pour des faits en relation avec le terrorisme sont concentrés, les différents syndicats partagent le même diagnostic : leur travail est devenu une "mission impossible". "On n'a pas les moyens de prendre en charge ces détenus. Ce ne sont pas cinq unités dédiées, avec 20 ou 30 cellules, qui vont absorber les 1.400 suivis pour radicalisation. Sans compter ceux qui vont rentrer de Syrie", a expliqué Emmanuel Chambaud, secrétaire général adjoint de l'Ufap-Unsa Justice. 

"Il faut des établissements spécialisés pour ces profils. Ou on va à la catastrophe", dit-il, estimant qu'"on va créer des usines à terroristes". "A ce stade, personne n'a de solution miracle", estime l'Ufap, qui, pour marquer le coup le jour du dévoilement du budget, appelle à des rassemblements devant les prisons et à appliquer un retard de 15 minutes à chaque prise de fonction. 

Des prisons surpeuplées. FO veut au contraire des engagements immédiats, comme par exemple la dotation de pistolets à impulsions électriques pour les surveillants dans certains secteurs des prisons. Après avoir battu un record en juillet, les prisons françaises comptaient en août 68.819 détenus pour 58.507 places, soit un manque de 10.312 places. À cette date, seuls 26.829 détenus disposaient d'une cellule individuelle et plus de 1.500 autres dormaient sur des matelas posés au sol.