Affaire Renault : quelle marge de manoeuvre pour les propriétaires français ?

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Alors que Renault est accusé d'avoir trompé ses clients depuis 25 ans, il est trop tôt pour partir en quête d'une réparation du préjudice pour les propriétaires. 

L’affaire fait beaucoup penser à celle de Volkswagen aux Etats-Unis. Comme la marque allemande, accusée à raison d'avoir truqué ses moteurs diesel, la marque française est dans l'oeil du cyclone pour des raisons similaires. Mais si les possesseurs de véhicules Volkswagen ont pu bénéficier d'une indemnisation pour le préjudice, l'affaire s'annonce beaucoup plus compliquée cette fois pour les utilisateurs français. 

Déposer plainte est pour le moment inutile. Il va en effet falloir patienter le temps que l'enquête judiciaire aboutisse. Tant qu'aucun préjudice économique n'est reconnu, déposer plainte ne sert à rien. Or, les investigations du parquet ont commencé il y a tout juste trois mois. Les juges d'instruction chargés du dossier vont bien sûr s'appuyer sur le travail de la répression des fraudes, mais ils doivent tout reprendre depuis le début. Et cela prendra beaucoup de temps, jusqu'à plusieurs années.

Certains faits prescrits. Le fait que cette fraude dénoncée remonte à 25 ans ne change pas grand-chose pour les clients, qu'ils soient ou qu'ils aient été propriétaires d'une Renault. Nicolas Godefroy, juriste à l'association de consommateurs UFC Que choisir, déjà partie civile dans ce dossier, est formel : "Vous allez avoir des questions de prescription qui vont rentrer en jeu, tous les faits ne vont pas être couverts si jamais il y a une qualification pénale", explique-t-il. A l'inverse des plaintes individuelles, ce dernier rappelle l'avantage des actions collectives dans ce type de dossier : "Ça renforce la responsabilité éventuelle de Renault, et donc la possibilité de sanctions lourdes", comme dans le dossier Volkswagen où chaque propriétaire américain avait été indemnisé 4.900 euros en moyenne grâce à une class action...