À partir du 1er octobre, les photos retouchées doivent être signalées

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À partir du 1er octobre, les photos retouchées doivent être signalées
Le décret dit "décret de photoshop" oblige toutes les photographies à usage commercial à porter obligatoirement la mention "photographie retouchée".@ AFP
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Dès dimanche, le décret dit "de contrôle de Photoshop" oblige toutes les photographies à usage commercial à porter obligatoirement la mention "photographie retouchée".

Une silhouette affinée, une cicatrice ou un bouton effacé : à partir de dimanche, toutes les photographies à usage commercial devront obligatoirement être accompagnées de la mention "photographie retouchée". Publié au Journal officiel en mai dernier et entré en application le 1er octobre 2017, le décret dit de "contrôle de Photoshop" a été pensé pour prévenir "les troubles du comportement alimentaire" chez les jeunes. 

Le visage n'est pas concerné par le décret. Initié par la ministre de la Santé Marisol Touraine, le décret du 4 mai 2017 oblige les photographies à usage commercial à obligatoirement apposer la mention "photographie retouchée" pour chacun des clichés où une silhouette aura été retravaillée à l'aide d'un logiciel de retouches d'images. Le décret concerne toutefois uniquement les retouches sur les silhouettes, épaissies ou affinées, mais pas le visage. Cette obligation concerne les images "insérées dans des messages publicitaires" sur internet, dans les catalogues, la presse, les prospectus ou des affiches. Getty Images a devancé cette règle en annonçant cette semaine qu'elle bannissait toutes les photos de corps retouchés de sa banque d'images en ligne. 

Le Figaro rappelle que ce décret tire son origine de la "loi Mannequin" de 2016, visant à écarter les modèles trop maigres des podiums. Des filles dont l'image peut représenter un danger pour des adolescentes susceptibles de sombrer dans l'anorexie

Une amende de 37.500 euros. Selon le ministère de la Santé, ceux qui n'apposeront pas la mention "photo retouchée" se verront exposés à une amende de 37.500 euros. Une amende qui pourra être majorée à près de 30% des dépenses consacrées à la publicité des entités visées. 

Vergetures, poils et cicatrices.Le Figaro s'interroge toutefois sur le fait qu’une star pourrait ne pas apprécier d'"avouer" que son corps est "photoshopé". Sauf que les temps changent et même au sein du monde de la mode, certaines initiatives voient le jour.

En 2006, la marque Dove montrait la mise en scène d'une séance photo avec en prime, toutes les séquences de la retouche photo. Plus récemment, la marque britannique Asos a annoncé ne plus supprimer les "petits défauts" de ses mannequins en laissant les cicatrices d'acné, les poils ou les vergetures apparentes. LVMH (Dior) et Kering (Gucci) ont adopté une charte commune, début septembre, pour bannir les mannequins trop maigres et âgées de moins de 16 ans

#nofilter et "Body positivism". La tendance au naturel a aussi été adoptée par quelques personnalités du monde la mode, de la musique, du cinéma ou de la télévision. Avec le mot clé "no filter" ("sans filtre", ndlr) Kim Kardashian a posté sur son compte Instagram une photo de son célèbre postérieur non "photoshopé" et sur lequel la cellulite était visible. Se sentant trahis, 100.000 abonnés ont décidé de ne plus la suivre. Ils étaient habitués à des photos d'un corps lisse et sans "défauts". Une tendance au naturel amplifié par le "body positivism" ("corps positif", ndlr) qui a pris de l'ampleur sur Instagram depuis quelques mois et aide les femmes à s'accepter telles qu'elles sont.

Et ailleurs ? Depuis 2012, Israël interdit de présenter une publicité avec des mannequins trop maigres, de retoucher des photos pour les montrer plus minces et d'embaucher une mannequin avec un IMC inférieur à 18,5. Le Parisien précise que finalement, la France ne fait que rattraper son retard puisque la Belgique, le Chili, et l'Italie ont déjà pris des mesures similaires au décret appliqué dès le 1er octobre.