A Aulnay-sous-Bois, la tension toujours palpable

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Dans la commune où Théo a été victime de violences policières, comme dans toute la Seine-Saint-Denis, embuscades, caillassages et départs de feu s’enchaînent durant la nuit. 

REPORTAGE

Après les violences policières dont Théo a été victime lors d'une arrestation brutale à Aulnay-sous-Bois jeudi, la tension est toujours palpable dans le secteur malgré l’exhortation du jeune homme à la paix. Notre reporter s'est rendu sur les lieux dans la nuit de mardi à mercredi.

"Le chat et la souris". D'une cité à l'autre, on entend des détonations, des tirs de mortiers ou de feux d'artifice, puis les sirènes de la police, puis le calme. Les jeunes se volatilisent aussi vite qu'ils ont surgi en laissant souvent leurs armes artisanales derrière eux. "On retrouve les cocktails Molotov, dans le parking, là. C'est le jeu du chat et de la souris, ça attaque et ça rentre chez soi. Ça les énerve, ça les use, au bout d'une semaine, ils ont les nerfs à vif. C'est un peu le but non ?", commente l'un des hommes des forces de l'ordre.

"Puissance 10". Mohamed, 31 ans, un peu lassé de jouer les grands-frères n'a aucune envie de s'interposer entre les émeutiers et la police : "Tant qu'ils ne crament rien dans la cité, on s'en fout. Ils (les policiers) n'avaient qu'à pas faire les cow-boys. Ce qu'ils ont fait au petit Théo, franchement, ils devraient recevoir ça puissance 10."

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Les forces de l'ordre en intervention devant un départ de feu.

Évacuation. Dans la commune voisine de Tremblay-en-France, pourtant, un cocktail Molotov a atterri dans le hall de l'annexe d'une école. Trois familles d'enseignants qui y habitent on dû être évacuées en plein milieu de la nuit. "D'un coup, il y a eu comme un petit bruit d'explosion. C'est part d'en bas, dans le hall. Quand j'ai regardé par la fenêtre, j'ai vu un groupe d'une vingtaine de jeunes qui courraient. Franchement, pourquoi s'attaquer à nous, on n'y est pour rien ?", regrette un évacué.

Risque de bavure. Sur les radios des policiers, les appels s'enchaînent : embuscades, caillassages, départs de feu... Les mêmes scènes d'un bout à l'autre de la Seine-Saint-Denis, avec à chaque fois, s'inquiète un grand frère, le risque d'une bavure.