Violences du 1er mai : pour le syndicat Alliance, les forces de l'ordre ne disposaient pas du "matériel adéquat"

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Après les heurts en marge du défilé de lundi, dans lesquels six policiers ont été blessés, le syndicat Alliance, classé à droite, juge que les forces de l'ordre auraient du être autorisées à utiliser des Flash-Ball ou des canons à eau. 

INTERVIEW

Les images saisies par les photographes chargés de couvrir le défilé syndical du 1er mai ont choqué. Lundi, les forces de l'ordre ont été prises à partie par des émeutiers en marge du cortège parisien, faisant l'objet de jets de projectiles et de cocktails Molotov. Six ont été blessés, dont deux grièvement. L'un d'entre eux a été gravement brûlé au visage et à la main. 

Flash-Ball et canon à eau interdits. Au lendemain de ces débordements, le syndicat Alliance Police Nationale dénonce, dans un communiqué, "l'irresponsabilité de l'ensemble des plus hautes instances, qui n’ont pas eu le courage de doter les policiers de moyens de défense suffisants pour leur protection". Interrogé par Europe 1, Fabien Vanhemelryck, secrétaire général délégué de l'organisation, abonde sur les recommandations spécifiques reçues par les forces de l'ordre pour ce défilé : "aujourd'hui, vous avez du matériel adapté pour interpeller les individus, sauf qu'il y a des consignes qui interdisent de prendre, par exemple, le Flash-Ball ou le lanceur de balles de défense. Vous avez un canon à eau qui peut être utilisé à la préfecture de police, et pourtant on n'autorise pas son utilisation." 

Des casseurs "pas incommodés" par les gaz lacrymogènes. "On n'a pas laissé nos collègues prendre le matériel adéquat", martèle le secrétaire général délégué. "On s'est contenté de petits lacrymogènes. Or, les casseurs, comme c'est des professionnels, ils ont l'habitude : ils ont des masques à gaz et ne sont pas incommodés par la lacrymo." Fabien Vanhemelryck dénonce également l'absence de "contrôles préventifs" aux abords des stations de métro proches du départ de la manifestation de lundi. "Au final, vous laissez passer les individus, au début ils sont une petite centaine et ils finissent à 800 en plein milieu de la manifestation..."

"Encore fallait-il interpeller". Quant aux sanctions promises par le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl, qui a affirmé que "ces actes ne resteront pas impunis", le syndicat reste sceptique. "Encore fallait-il interpeller", s'insurge Fabien Vanhemelryck, qui rappelle que seules cinq personnes ont été arrêtées en marge de la manifestation, lundi à Paris. "Quand on voit le peu d'interpellés qu'il y a eu, on ne va pas sanctionner grand monde", soupire-t-il.