13-Novembre : quand un militaire refuse d'intervenir au Bataclan

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13-Novembre : quand un militaire refuse d'intervenir au Bataclan
@ BERTRAND GUAY / AFP
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Une audition de la commission d’enquête de lutte contre le terrorisme a révélé mercredi des problèmes de coordination entre policiers et soldats.

C'est une information surprenante sur l'organisation des forces de l'ordre lors de l'attentat qui a visé la salle de spectacle du Bataclan le 13 novembre dernier. Mercredi soir, lors d'une audition effectuée par la commission d’enquête de lutte contre le terrorisme, Jean-Luc Taltavull, secrétaire général adjoint du syndicat des commissaires de la police nationale, a expliqué que la coordination entre armée et police n'avait pas été optimale, rapporte la chaîne LCP. Pour preuve, il a raconté le cas d'un soldat qui a refusé d'intervenir, faute d'ordre.

"J'ai pas d'ordre pour bouger". Pour Jean-Luc Taltavull, soldats et policiers doivent améliorer leur coopération. Pour argumenter, ce responsable syndical a pris pour exemple une scène qui s'est déroulée lors de l'attaque du Bataclan en novembre dernier. "Il y avait des gens de Sentinelle à proximité du Bataclan. Un gradé de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) se trouve près d’une porte de secours et dit aux militaires : 'Allez ! On y va !' (…) Le détachement Sentinelle a dit : 'Non, j’ai pas d’ordres pour bouger.' Alors (le policier) lui dit : 'Alors passe moi ton Famas !'", a raconté Jean-Luc Taltavull aux membres de la Commission. 

Des armes automatiques pour les policiers. Au final, le soldat a refusé de donner son arme et est resté à l'extérieur de la salle de concert, a précisé le secrétaire général adjoint. Selon lui, ce cas illustre le besoin de mieux définir le rôle de chacun lors d'attaques terroristes. Il a surtout insisté, lors de cette audition, sur la nécessité de donner à chaque patrouille de police une arme automatique. 

Conclusions en juillet. La commission d’enquête de lutte contre le terrorisme, qui auditionne témoins, victimes et personnel des forces de l'ordre, rendra ses conclusions en juillet prochain sur le déroulement des faits lors des attentats du 13 novembre dernier.