Pollution : du carbone dans les bronches d'enfants asthmatiques

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Pollution : du carbone dans les bronches d'enfants asthmatiques
@ DIDIER PALLAGES / AFP
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Des nanotubes de carbone, issus de la dégradation de pots d'échappement, ont été découverts chez des enfants asthmatiques.

En analysant le contenu des bronches d'enfants souffrant d'asthme, des chercheurs de l'université d'Orsay ont fait une découverte surprenante : des nanotubes de carbone. Et les 69 patients ayant participé à l'expérience sont porteurs de ces intrus insolites, selon une étude rapportée vendredi par Sciences et Avenir.

Un matériau d'origine industrielle. Les chercheurs du Laboratoire d’étude des techniques et instruments d’analyse moléculaire ont analysé plus précisément les particules fines présentes dans les bronches d'enfants âgés de 2 à 17 ans et vivant en Île-de-France. Au milieu de composants naturels, ils ont eu la surprise de détecter la présence de nombreuses tiges rectilignes d'origine industrielle.

Des composants des pots catalytiques. Pour vérifier l'origine de ces curieuses particules, les chercheurs ont effectué des prélèvements sur des pots d'échappement et sur des fenêtres à Antony et à Nanterre dans les Hauts-de-Seine. Les scientifiques ont découvert dans ces échantillons les mêmes tiges rectilignes. Composées de carbone, elles ne faisaient plus de doute : ce sont elles qui composent les pots catalytiques. L'usure de ces derniers libèrent dans l'air ces nanotubes qui se retrouvent par conséquence dans les bronches des humains. 

Les nanoparticules, nocives pour la santé. Impossible cependant de faire un lien entre cette présence et l'asthme des enfants. Les chercheurs ne peuvent pas non plus prouver la toxicité de ce carbone. Mais, selon l'OMS, les nanoparticules sont nocives puisqu'elles augmentent les risques de cancer et de maladies cardio-vasculaires ou respiratoires. Un des auteurs de l'étude ne se fait d'ailleurs pas d'illusion. "Quand nous travaillons sur des nanotubes de carbone, nous portons des masques de protection pour éviter exactement ce que nous voyons dans ces échantillons !", rapporte-t-il sur Sciences et Avenir.