Les rennes rabougrissent, victimes du réchauffement climatique

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Les rennes rabougrissent, victimes du réchauffement climatique
Selon les chercheurs, cette perte de poids s'explique par la difficulté des rennes à accéder au lichen en raison de la hausse des températures. @ JONATHAN NACKSTRAND / AFP
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En seize ans, leur poids moyen a reculé de 12%, selon une étude publié lundi. De quoi menacer l'avenir de l'espèce. 

Même le Père Noël est victime du réchauffement climatique : les rennes qui tirent traditionnellement son traîneau rabougrissent, notamment à cause de la hausse des températures, indique une étude publiée lundi par la British Ecological Society (BES).

Mesurés depuis 16 ans. "Ces vingt dernières années, une période de réchauffement visible, été comme hiver, dans l'Arctique", les rennes de l'archipel norvégien du Svalbard "sont devenus plus petits et plus légers", indique l'institution dans un communiqué. Une équipe de scientifiques de l'Institut James Hutton (un centre de recherches écossais) et de l'Institut norvégien de recherche sur la nature et de l'Université norvégienne des sciences de la vie ont étudié l'évolution des rennes en les mesurant et les pesant depuis 1994. Chaque hiver, ils ont capturé, marqué et mesuré des rennes âgés de dix mois. Ils sont retournés sur place tous les ans pour mesurer et peser ces différentes générations une fois qu'elles étaient parvenues à l'âge adulte.

Un poids en baisse de 12%. L'étude montre qu'"en seize ans, le poids des rennes adultes a baissé de 12%, passant de 55 kg pour ceux nés en 1994, a à peine plus de 48 kg pour ceux nés en 2010", selon le communiqué. "12% peuvent sembler peu, mais étant donné l'importance du poids corporel pour la reproduction et la survie, c'est potentiellement énorme", explique Steve Albon, de l'Institut James Hutton. "Nos travaux précédents ont montré que, lorsque le poids moyen de la population adulte est inférieur à 50 kg en avril, la population diminue", ajoute-t-il. Or les générations récentes "sont juste en dessous de ce seuil".

Un accès plus difficile au lichen. Pour les chercheurs, ce rabougrissement des rennes du Svalbard est lié au réchauffement climatique. Des hivers plus chauds signifient d'avantage de pluie. Elle tombe sur la neige, où elle gèle, empêchant les rennes d'accéder au lichen qu'ils ont l'habitude de brouter. Résultat : "les rennes sont affamés, ils perdent leurs petits ou donnent naissance à des jeunes beaucoup plus légers", explique le BES. Ce rabougrissement des rennes n'a pas encore entraîné de diminution de la population. Au contraire, puisque ces vingt dernières années, le nombre de rennes a doublé. D'où une compétition accrue pour la nourriture en hiver qui pourrait contribuer aussi à expliquer leur plus petite taille.