Le virus de l'hépatite C observé pour la première fois au microscope

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Le virus de l'hépatite C observé pour la première fois au microscope
130 à 150 millions de personnes sont atteintes par l'hépatite C dans le monde.@ FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
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L'observation était rendue compliquée par la faculté du virus à se cacher dans le sang. Cette avancée va contribuer à la mise au point d'un vaccin. 

Plus d'un quart de siècle après sa découverte, le virus de l'hépatite C a été observé pour la première fois au microscope électronique, assurent des chercheurs français. Ce travail devrait contribuer à la mise au point d'un vaccin, estiment-ils.

Un virus qui se cache. Ce virus, le VHC, découvert en 1989, "se cache" en prenant l'apparence d'une simple petite boule blanche lipidique parmi d'autres dans le sang, explique Jean-Christophe Meunier, chargé de recherche Inserm à Tours (France), responsable de ces travaux, récemment parus dans le journal spécialisé Gut. La capacité du VHC à se déguiser le rendait jusqu'alors visuellement indétectable, ajoute-t-il. Pour s'assurer qu'il s'agissait bien du virus, les chercheurs ont utilisé des anticorps spécifiques dirigés contre ses protéines virales. Ils indiquent être ainsi enfin parvenus à le distinguer des simples particules lipidiques dans le sang des patients.

Un pas de plus vers un vaccin. "La possibilité de visualiser le virus va aider à mettre au point un vaccin car on a besoin de connaître sa structure pour savoir sous quel angle l'attaquer", dit Jean-Christophe Meunier. Une équipe américaine pensait avoir réussi cette prouesse de visualiser le virus en 2013, mais s'était en fait méprise sur la nature des particules observées, d'après l'équipe française.

700.000 décès par an dans le monde. Le virus de l'hépatite C est responsable de 130 à 150 millions de cas d'hépatite C dans le monde et d'environ 700.000 décès chaque année. Il existe des traitements efficaces contre l'hépatite C, mais pas encore de vaccin pour s'en prémunir. Le virus profite de la synthèse de particules de transport du gras (des lipoprotéines) dans l'organisme pour se multiplier en s'emparant de leurs composants (cholestérol...). De ce fait, "il est non seulement plus infectieux, mais en plus beaucoup plus difficile à déceler pour le système de défense immunitaire", ajoute le chercheur.