"Space-train" : un projet fou de train à hydrogène de nouveau à l'étude dans le Loiret

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Une quinzaine d'ingénieurs travaillent dans le Loiret sur un projet de train fonctionnant à l'hydrogène, et qui pourrait atteindre la vitesse de 720 km/h.

Concevoir un train qui roule peut rouler jusqu'à 720 km/h sans faire de bruit ni polluer, et peu coûteux. Voilà le projet fou d'une start-up française, spécialisée dans l'ingénierie des transports. Pour mettre sur rails son "Space Train", elle a installé une équipe de chercheurs à Saran, dans le Loiret.

Un train "à deux millimètres du sol". Près d'Orléans, ils sont 15 ingénieurs à concevoir ce "guépard des rails". Son principe ? Une propulsion avec des moteurs à induction sur un monorail, créant ainsi un champ magnétique. "C'est une navette sans roues, sur coussins d'air, à deux millimètres du sol", décrit au micro d'Europe 1 Emeuric Gleizes, le patron de la start-up Space Train. Le Space Train doit par ailleurs avoir un impact limité sur l'environnement : ses moteurs sont "silencieux" et sont alimentés "par de l'hydrogène", un élément chimique qui compose en grande partie l'eau. Et avec des pointes prévues à 720 km/h, le "Space Train" écraserait la concurrence. Le TGV, dont la vitesse moyenne est de 500 km/h, peut atteindre 574 km/h. Au Japon, le Maglev, recordman du monde, atteint le maximum de 603 km/h.

Space Train ressuscite ainsi le vieux rêve de l'ingénieur Jean Bertin qui, dans les années 1960-1970, avait conçu l'Aérotrain. Avec le soutien de Georges Pompidou, il avait construit une voie de 18 kilomètres sur pilotis bétonnés, au nord d'Orléans, pour y réaliser les premiers essais. Mais l'Aérotrain avait finalement été abandonné face au succès du TGV.

Premiers tests l'an prochain ? Les premiers tests sont prévus pour fin 2019 ou début 2020 pour une commercialisation en 2025. Mais pour cela, il faut récolter 30 millions d'euros pour réhabiliter la voie de l'Aérotrain perchée à six mètres de hauteur. 

Par rapport au TGV, la construction des voies du Space Train devrait être très compétitive, selon Thomas Bernin , le porte-parole de la start-up. "Nous, on se situe aux environs des 10 millions d'euros au kilomètre, c'est deux fois et demi moins cher par rapport à la SNCF", avance-t-il. "On regarde actuellement beaucoup plus les lignes interurbaines qui font 300 kilomètres maximum", explique aussi ce responsable, qui avance ainsi un Paris-Orléans en 13 minutes, soit l'équivalent de "cinq stations de métro à Paris". Aujourd'hui, en TGV, le même trajet prend 1h10. L'Île-de-France, les Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes suivent le projet de très près.