Jeu de go : "Nous restons les maîtres de ces machines"

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A partir de mercredi, le champion du monde du jeu de go va affronter son plus redoutable adversaire : l'AlphaGo, une machine créée de toute pièce qui relance le débat sur la supériorité des ordinateurs sur l'homme. 

A partir de mercredi, le champion du monde du jeu de go va affronter son plus redoutable adversaire : la machine Google AlphaGo et le match, qui va se jouer en cinq manches en Corée du Sud, s'annonce difficile contre cette intelligence artificielle. Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique à l’Université Pierre et Marie Curie et auteur du livre L’intelligence artificielle était l'invité de la Matinale d'Europe 1 mercredi matin, il a expliqué le fonctionnement du jeu de go, "un jeu qui prend du temps et qui demande énormément de réflexion". 

Ce n'est pas une première. En octobre dernier, la machine AlphaGo avait déjà écrasé le champion d'Europe du jeu de Go. Une victoire qui s'explique car, "dans un jeu de Go, il y a une immensité de combinaisons possibles, on dit qu'il y a en 10 puissance 170. Un nombre tout à fait époustouflant que la machine arrive à explorer", affirme Jean-Gabriel Ganascia. D'autant que, l'un des avantages de la machine par rapport à l'homme est que, "l'ordinateur n'est pas sensible, ni au stress ni à l'émotion et l'ordinateur devrait donc jouer impeccablement au jeu. Imaginez, il y a quelques années, on a essayé de faire jouer un jeu d'échecs cette fois-ci, à une machine. Pour l'émouvoir, le premier coup a été joué par la plus belle femme de New-York, et c'était très décevant, la machine est restée froide et a continué à jouer comme d'habitude", a raconté le professeur d'informatique. 

"Elle nous permet à nous d'être meilleurs". "Nous restons les maîtres de ces machines", a assuré Jean-Gabriel Ganascia avant d'ajouter, "cette fois-ci et la fois d'après, la machine gagnera contre l'homme mais il faut les configurer ces machines. Elles utilisent des techniques d'apprentissage c'est à dire qu'elles construisent des connaissances nouvelles à partir d'expérience mais bien sûr, cela ne se fait pas de façon automatique". Selon lui, il y a donc une nécessité à se servir de ces outils, "il y a bien évidemment des secteurs où les machines sont meilleures que l'homme et cela depuis bien longtemps. C'est sur des tâches bien particulières qu'elle est meilleure que nous et elle nous permet finalement, à nous, d'être meilleurs. C'est une question de collaboration entre la machine et l'homme". 

"Elle ne pourra jamais rire !" Le professeur d'informatique conseille donc de, "connaitre la machine et faire des choix collectifs sur ce qu'on va en faire. Il ne faut pas être simplement des consommateurs de la technologie mais des acteurs". Et il l'a assuré,"le robot est capable de faire beaucoup de chose mais il y a une chose qu'il ne pourra jamais faire : rire !".