La crème solaire, un poison pour les récifs coralliens

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La crème solaire, un poison pour les récifs coralliens
@ AIMS / AFP
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Des scientifiques ont démontré qu'une substance présente dans la crème solaire est particulièrement nocive pour le développement du corail. 

Les crèmes solaires et de nombreux produits cosmétiques contiennent une substance chimique qui menace les récifs coralliens déjà affectés par le réchauffement climatique, selon une nouvelle étude publiée mercredi dans la revue américaine Archives of Environmental Contamination and Toxicology. Cette recherche paraît deux semaines après la publication d'un rapport faisant état d'un blanchissement corallien dont l'ampleur sur la planète est la troisième plus forte jamais observée, due en partie au réchauffement climatique. 

ADN du corail endommagé. L'oxybenzone est utilisé dans plus de 3.500 produits solaires dans le monde en raison de sa capacité à absorber les rayons ultraviolets. Quand il est libéré dans l'eau par les personnes utilisant ces crèmes, ou rejeté par les égouts côtiers, il pollue les coraux, expliquent ces scientifiques. Ces travaux montrent que l'exposition des larves de corail, appelées planulas, à l'oxybenzone entraîne d'importante déformations morphologiques de ces organismes, endommage leur ADN et agit comme perturbateur endocrinien. Cela a pour conséquence d'enfermer le corail dans son propre squelette, entraînant sa mort. Ces effets ont été observés à différentes teneur de cette substance.

14.000 tonnes de crème solaire libérées par an dans les océans. Cette recherche a été menée seulement dans les coraux d'Hawaï et des îles Vierges américaines. Mais selon l'étude, jusqu'à 14.000 tonnes par an de crème solaire se retrouvent dans les eaux baignant les récifs coralliens dans le monde, avec des teneurs d'oxybenzone variant de 1 à 10%. Selon les auteurs, au moins 10% des récifs de la planète qui risquent d'être exposés à de fortes concentrations de cette substance toxique vu qu'ils se trouvent dans des zones touristiques populaires.

Des concentrations douze fois trop élevées. Les mesures d'oxybenzone effectuées dans les eaux des récifs coralliens de Hawaï et des îles Vierges américaines, montrent des concentrations allant de 800 parties par milliard à 1,4 partie par milliard, précise l'étude menée par une équipe d'océanologues de Virginie, de Floride, d'Israël, de l'Aquarium national de Baltimore et de l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA). Ces concentrations sont douze fois plus élevées que la concentration minimale nécessaire pour avoir un impact sur le corail, expliquent ces scientifiques.