Arctique : le changement climatique menace les sites archéologiques

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Arctique : le changement climatique menace les sites archéologiques
Le Grand Nord compte quelque 180.000 sites archéologiques, dont 60% sont dans l'Arctique norvégien (ci-dessus). Image d'illustration. @ Olivier MORIN / AFP
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Dans une étude parue jeudi, des archéologues s'alarment de la disparition de nombreux sites archéologiques amérindiens qui disparaissent avant même d'avoir été fouillés. 

Des milliers de sites archéologiques situés dans l'Arctique "disparaissent rapidement" en raison du changement climatique, deux fois plus prononcé au pôle Nord que sur le reste de la planète, selon une étude internationale publiée jeudi dans la revue scientifique Antiquity.

Des sites conservés par le froid extrême... Le Grand Nord compte quelque 180.000 sites archéologiques, majoritairement dans l'Arctique norvégien (60%), l'Arctique canadien (19%) et en Alaska (20%), que "le climat froid et humide" de cette région a "préservé de manière extraordinaire" jusqu'à tout récemment, rappellent les auteurs de l'article.

... et globalement peu fouillés. Or, les bouleversements engendrés par la hausse de la température de la surface de la Terre "détruisent un grand nombre de ces archives culturelles et environnementales de l'Arctique", regrettent les archéologues polaires dont les conclusions reposent sur 46 études préalables. D'autant que "très peu de ces sites ont été fouillés" et pourraient disparaître avant d'avoir livré leurs secrets, notent-ils.

Réchauffement et "érosion côtière". Les scientifiques pointent deux menaces en particulier : "l'intensification de la fonte du pergélisol", le sol normalement gelé en permanence qui représente un quart des terres émergées de l'hémisphère nord, et "l'érosion côtière" due à la montée des eaux et à la multiplication des tempêtes.

Ces deux conséquences majeures du changement climatique sont déjà responsables de la disparation de plusieurs villages polaires. "C'est une catastrophe. Une majorité de sites, dont plusieurs parmi les plus importants, ont déjà disparu !", a déclaré au Globe and Mail Max Friesen, archéologue polaire de l'université de Toronto et l'un des dix co-auteurs de cette étude.

Des terres habitées depuis 4.000 ans. L'étude souligne par exemple que trois des quatre sites archéologiques de Drew Point, dans le nord de l'Alaska, "ont disparu" en raison de l'érosion côtière. Et le site restant "est lourdement endommagé".  A un jet de pierre de là, près de la Pointe Barrow où s'affrontent les mers des Tchouktches et de Beaufort et l'océan Arctique, la fonte du pergélisol et la montée des eaux engloutissent "rapidement (...) des terres habitées par les Autochtones d'Alaska semi-sédentaires depuis au moins 4.000 ans".

Un cimetière de 100 dépouilles quasiment disparu.  Ce site est crucial pour comprendre le peuplement de l'Arctique canadien et du Groenland, expliquent les chercheurs, notant qu'un cimetière avec 100 dépouilles d'Amérindiens ayant vécu vers l'an 500 a quasiment disparu. L'équipe d'archéologues polaires appelle donc les pouvoirs publics à dégager des fonds pour la protection de ces sites historiques en péril, car, selon eux, rien n'a été prévu pour le moment.