Vaccins pour les enfants : ce qui change à partir du 1er janvier

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Vaccins pour les enfants : ce qui change à partir du 1er janvier
Les enfants nés après janvier 2018 sont concernés par cette mesure (photo d'illustration). @ ANTOINE PARAT / AFP
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Le nombre de vaccins obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 passe de trois à onze. Le gouvernement entend ainsi restaurer la confiance dans la vaccination. 

Après un vif débat de plusieurs mois, la mesure entre en vigueur lundi : pour les enfants nés après le 1er janvier 2018, ce ne sont plus trois mais onze vaccins qui seront désormais obligatoires

Hépatite B, coqueluche, pneumocoque... Concrètement, huit vaccins auparavant recommandés deviennent obligatoires: coqueluche, rougeole-oreillons-rubéole (ROR), hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C. Ils viennent s'ajouter aux trois qui l'étaient déjà : diphtérie depuis 1938, tétanos depuis 1940 et poliomyélite depuis 1964, groupés sous l'appellation "DTP".

Réapparition de certaines maladies. L'argument premier des autorités de santé pour justifier cette mesure est la baisse du taux de couverture vaccinale et la réapparition de certaines maladies. "Il y a eu vingt décès de la rougeole depuis 2008. C'est important d'augmenter la couverture vaccinale pour que ces drames, si facilement évitables, ne surviennent plus en France", a estimé Daniel Lévy-Bruhl, de l'agence Santé Publique France, lors d'une conférence de presse à l'université Paris-Descartes le 22 décembre.

La confiance dans les vaccins en berne. Plusieurs scientifiques de renom, dont Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008, ont aussi battu le rappel en faveur des vaccins. Car la défiance grandit : 41% des Français interrogés pour une étude internationale de 2016 estiment que les vaccins ne sont pas sûrs, un record mondial. Selon des résultats du Baromètre Santé publié en octobre, les Français sont favorables à 75% à la vaccination. Mais cette proportion dépassait 90% au début des années 2000.

Pas de politique de répression. Quid des sanctions pour ceux qui refuseraient malgré tout de faire vacciner leurs enfants ? Le défaut de vaccination n'est plus punissable en tant que tel : les dispositions spécifiques du Code de la santé publique, qui prévoyaient jusqu'à six mois de prison et 3.750 euros d'amende, sont abrogées. Il existe un principe plus général d'obligation de protection des enfants. Théoriquement, les sanctions vont jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende, mais le gouvernement assure ne pas vouloir axer sa politique sur la répression.

Côté médecins, les réfractaires à la vaccination risquent en revanche des "sanctions pénales pour faux et usage de faux" s'ils falsifient des certificats, selon l'Ordre des médecins. Ils s'exposent aussi à une radiation : le 22 décembre, le Conseil d'Etat a confirmé celle d'un généraliste qui n'avait pas injecté à un enfant les vaccins obligatoires et avait inscrit "des mentions mensongères" sur son carnet de santé.