Trop de volailles présentent des bactéries résistantes aux antibiotiques

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Trop de volailles présentent des bactéries résistantes aux antibiotiques
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Un gallinacé sur quatre contient de manière significative des bactéries E. coli, selon l’UFC-Que Choisir, qui pointe un risque sanitaire.

Le poulet et la dinde sont des mets que l’on retrouve dans toutes les assiettes françaises. L’UFC-Que Choisir a testé cent échantillons de poulet et de dinde vendus dans les grandes surfaces, les marchés, et les boucheries françaises. Résultat, un sur quatre contient de manière significative des bactéries E. coli résistantes aux antibiotiques.

L’antibiorésistance et le risque de maladie. L’association de consommateurs s’inquiète de la présence dans les viandes de certaines bactéries résistantes aux antibiotiques. Le problème est que des bactéries Escherichia coli (E. coli) sont présentes dans un quart des échantillons testés. En détails : "pas moins de 61% étaient porteurs de bactéries résistantes à une ou plusieurs familles d’antibiotiques, dont 23% à des antibiotiques critiques", dénonce l’UFC-Que Choisir. Or, les antibiotiques critiques sont utilisés en dernier recours en médecine humaine pour des pathologies graves, comme les staphylocoques dorés.

Des médicaments réservés à l’homme. L’élevage intensif des volailles et l’augmentation du nombre de maladies a poussé les éleveurs a utilisé un nombre croissant d’antibiotiques pour éviter que des germes ne détruisent les élevages. Or, certains antibiotiques, comme les céphalosporines de 3ème et 4ème générations et les fluoroquinolones, ont été retrouvés dans 23% des échantillons. "Ces antibiotiques doivent absolument être réservés à la médecine humaine pour éviter que les bactéries y deviennent résistantes", explique à Europe1.fr Olivier Andrault, chargé de mission alimentation chez UFC - Que Choisir. Mais depuis 1999, l’utilisation de ces antibiotiques dans l’élevage des volailles a doublé.

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Améliorer le cadre législatif et réglementaire. L’enjeu sanitaire est reconnu par les plus hautes autorités scientifiques et les pouvoirs publics. Toutefois, l’association se montre très critique envers le Plan Ecoantibio 2012-2017 du gouvernement prévoit une réduction de 25% en 5 ans de l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire. Selon elle, l’effort n’est pas contraignant pour les éleveurs et les modes de calculs laissent la possibilité de prendre en compte le volume d’antibiotique et non l’exposition des animaux. Au final, le plan pousserait les éleveurs à utiliser les antibiotiques les plus puissants (et donc ceux considérés comme critiques) pour respecter l’objectif de réduction. L’UFC – Que Choisir espère, entre autres, avec cette étude pousser le législateur français a inscrire dans la loi la réduction de 25% d’utilisation des antibiotiques en prenant en compte l’exposition des animaux et non les quantités de produits et de se doter d’un arsenal de sanctions.

Les poulets les moins chers sont les plus touchés. Sans surprise, ce sont les échantillons issus des volailles standards et premiers prix semblent plus impactés par l’antibiorésitance. Toutefois, si pour le Label rouge, la résistance est moindre, lorsqu’elle est présente, cela concerne les antibiotiques critiques, les plus forts. De quoi inquiéter tous les consommateurs, mais plus particulièrement, les populations avec les revenus les plus faibles.

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