Risque accru de démence chez les personnes vivant à proximité de grands axes routiers

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Risque accru de démence chez les personnes vivant à proximité de grands axes routiers
Les auteurs de cette étude ont découvert que les deux polluants les plus impliqués dans la démence étaient le dioxyde d'azote (NO2) et les particules fines. Image d'illustration.@ PHILIPPE LOPEZ / AFP
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Selon une étude canadienne publiée jeudi, vivre à moins de 50 mètres d'un grand axe routier augmente de 7% le risque de développer une démence. 

Les personnes vivant à proximité des grands axes routiers auraient un risque accru de développer des démences comme la maladie d'Alzheimer, selon une vaste étude publiée jeudi dans la revue médicale britannique The Lancet.

Risque augmenté jusqu'à 7%. En étudiant plus de 6 millions d'adultes vivant dans la province canadienne de l'Ontario, des chercheurs ont estimé que 7 à 11% des cas de démence observés chez les personnes vivant à moins de 50 mètres d'une route à fort trafic pouvaient être attribués à l'exposition à la circulation. Le risque est augmenté de 7% pour les personnes vivant à moins de 50 mètres, de 4% pour celles vivant à une distance de 50 à 100 mètres, de 2% pour une distance de 100 à 200 mètres. Au delà de 200 mètres, le sur-risque devient inexistant, selon les chercheurs dirigés par le Dr Hong Chen, de l'agence de Santé publique de l'Ontario.

Les particules fines en cause. Ils ont également découvert que les deux polluants les plus impliqués dans la démence étaient le dioxyde d'azote (NO2) et les particules fines, émis par les véhicules à moteur, même si d'autres facteurs comme le bruit pourraient également jouer un rôle. "Notre étude suggère que le trafic routier pourrait être une source de stress environnemental capable de favoriser l'apparition de la démence" relève le Dr Hong qui reconnaît que de nouvelles recherches sont indispensables pour préciser ce lien. Compte tenu de l'urbanisation croissante, même un "impact modeste" peut "constituer un fardeau pour la santé publique" note-t-il aussi.

Des chercheurs relativisent l'étude. Plusieurs experts indépendants se sont pour leur part montrés prudents, relevant que l'étude ne permettait pas de déterminer précisément le rôle joué par la pollution dans la démence. "Nous ne pouvons tout simplement pas dire si c'est dû à la pollution ou à d'autres raisons", relève le Pr Tom Dening, directeur du centre pour la vieillesse et la démence de l'Université britannique de Nottingham. L'étude "ne nous dit pas si le petit accroissement du risque de démence est le résultat d'un effet direct ou indirect de l'exposition au trafic" note pour sa part le Pr Rob Howard de l'University College de Londres. En attendant d'en savoir plus, il conseille à ses patients de "mieux prendre soin de leur santé" en cessant de fumer, en contrôlant leur tension artérielle et leur taux de sucre et en faisant de l'exercice, afin de réduire leur risque de démence.