L'utilisation du Baclofène comme coupe-faim inquiète

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L'utilisation du Baclofène comme coupe-faim inquiète
@ AFP
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Déjà utilisé contre l'alcoolisme, ce médicament destiné à l'origine à traiter les troubles musculaires est utilisé par certains patients comme traitement minceur.

Le Baclofène initialement mis au point pour traiter les contractions musculaires d'origine cérébrale survenant notamment en cas de sclérose en plaques avait été adoubé l'an dernier par l'Agence nationale de sécurité du Médicament pour le sevrage alcoolique. Voilà désormais que certains patients lui prêtent des vertus dans la lutte contre la boulimie et les kilos en trop qui vont avec. Une tendance qui inquiète les autorités sanitaires.

Utilisé pour sortir de la boulimie. Un livre-témoignage à paraître en mai vante l'utilisation du blacofène pour guérir de la boulimie : Enfin libre grâce au Baclofène ! Comment j'ai mis fin à des années de boulimie. Agnès Renaud y raconte comment elle est parvenue à soigner son trouble alimentaire en prenant du baclofène à haute dose. En prenant une dizaine de comprimés par jour, ses compulsions alimentaires ont fini par disparaître, et ses kilos en trop avec.

Certains médecins comme Renaud de Beaurepaire,chef de pôle de psychiatrie à Villejuif, ne veulent pas s'en priver malgré la mise en garde début janvier de l'agence du médicament : "j'en prescris couramment pour les troubles du comportements alimentaires car il n'y a aucun médicament qui soit officiellement admis pour le traitement contre la boulimie", a-t-il expliqué à Europe1.

L'inquiétude des autorités sanitaires. La principale inquiétude de l'Agence nationale de sécurité du médicament  est que les patientes utilisent le blacofène comme une pilule miracle pour maigrir. Or, aucun essai clinique d'ampleur n'a prouvé son efficacité sur la boulimie ou les kilos en trop.



Baclofène, l'utilisation contre la boulimie...par Europe1fr

Les risques et les effets secondaires difficiles ne sont pas anodins. Claude, une ancienne "alcoolique de la bouffe" comme elle se définit elle-même a confié à Europe1 avoir ainsi eu "des vertiges, de la fatigue, de la somnolence, des acouphènes". "Comme c'est tout le temps et que c'est aléatoire, on n'est pas tout à fait nous même durant le traitement", a-t-elle précisé.

Un médicament bon marché et "populaire". La notoriété du blacofène avait explosé en 2008 avec le livre Le Dernier Verre, du docteur Olivier Ameisen, qui l'avait lui-même expérimenté pour sortir de l'alcoolisme. Depuis mars 2014, le médicament dispose aussi d'une autorisation temporaire d'utilisation de l'Agence nationale de sécurité du médicament pour traiter la dépendance à l'alcool.