Fin de vie : les préconisations du rapport Claeys-Leonetti

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Fin de vie : les préconisations du rapport Claeys-Leonetti
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ON VOUS DIT TOUT - Dans un rapport remis vendredi au président de la République, deux députés préconisent une "fin de vie apaisée" pour les patients… sans aller jusqu'à l'euthanasie.

Aménager la loi Leonetti de 2005 sur les droits des malades et la fin de vie ? C'était l'une des promesses du candidat Hollande. Vendredi matin, un rapport en ce sens susceptible de déboucher sur une proposition de loi début 2015 a été remis au président de la République.

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Pour "une sédation profonde"… Dans leur rapport, les deux parlementaires se prononcent en faveur d'une "sédation profonde et continue" jusqu'au décès pour des patients en phase terminale qui en feraient la demande. L'intention n'est pas de donner la mort mais de soulager le malade avant de l'endormir pour toujours. D'ailleurs, il n'est pas question d'injecter un produit létal... seulement de puissants sédatifs.

Mais pas une "aide à mourir". Les deux députés rejettent l'idée d'une "aide à mourir", susceptible d'être assimilée à une euthanasie ou à un suicide assisté. Aucun de ces deux termes n'est d'ailleurs mentionné dans le rapport. Rien à voir donc avec ce qui se fait en Belgique ou en Suisse où un médecin a la possibilité de confier à un patient en fin de vie un cocktail de médicaments qu'il prendra lui-même pour mettre fin à ses jours.

Le vrai changement : "les directives anticipées". Les deux députés défendent le respect des "directives anticipées" des patients, sorte de "testament" médical qui permet à chacun d'exprimer à l'avance son opposition à tout acharnement thérapeutique. Actuellement, ce sont les médecins qui ont le dernier mot. Les députés Jean Leonetti et Alain Claeys proposent que les directives anticipées s'imposent désormais aux médecins.

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Concrètement qu'est ce que cela changerait ? Dans un cas semblable à celui de Vincent Lambert, par exemple, s'il avait écrit noir sur blanc avant son accident une phrase du type : " je ne veux pas être maintenu en vie dans un état végétatif ", les médecins auraient été contraints d'arrêter ses traitements... puis de lui administrer cette sédation profonde et terminale.

Que dit actuellement la loi ?La loi Leonetti, qui régit depuis 2005 la fin de vie en France, interdit l'acharnement thérapeutique et autorise l'arrêt des traitements lorsqu'ils sont jugés "disproportionnés". Elle permet également l'administration dans certains cas précis d'antidouleurs pouvant aller jusqu'à "abréger la vie", mais elle reste globalement mal comprise et mal appliquée par les médecins.