Des anti-douleurs courants associés à un risque accru d'insuffisance cardiaque

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Des anti-douleurs courants associés à un risque accru d'insuffisance cardiaque
Les anti-douleurs sont en vente libre dans les pharmacies. Image d'illustration.@ FLORIAN DAVID / AFP
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Selon une étude parue jeudi, la prise de ces médicaments à forte dose et sur une longue durée pourrait augmenter le risque d'insuffisance cardiaque. 

Des anti-douleurs très répandus augmentent le risque d'insuffisance cardiaque, surtout lorsqu'ils sont prescrits à forte dose et pendant de longues périodes, selon une étude publiée jeudi dans la revue British Medical Journal (BMJ).

Des médicaments en vente libre. Ces médicaments sont couramment utilisés pour traiter la douleur et l'inflammation et sont en vente libre dans certains pays. Ils font partie des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ainsi que d'une nouvelle classe d'anti-inflammatoires, les anti-Cox 2 (coxibs). Plusieurs études publiées ces dernières années ont évoqué un risque cardiovasculaire accru pour plusieurs de ces anti-inflammatoires, mais sans étudier précisément la relation entre la dose ingérée et le risque.

Risque accru de 16 à 83%. Des chercheurs dirigés par Giovanni Corrao de l'Université de Milan-Bicocca se sont penchés sur 8 millions de patients européens prenant des anti-inflammatoires (23 AINS et 4 anti-COX 2) et dont un peu plus de 90.000 ont été hospitalisés pour une insuffisance cardiaque sur une dizaine d'années. Après avoir tenu compte des autres facteurs potentiels de risque, les chercheurs ont trouvé un risque accru d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque chez les patients ayant pris 7 anti-inflammatoires courants : diclofenac (en France Voltarène + génériques), ibuprofène, indométhacine, ketorolac, naproxène, nimésulide et piroxicam ainsi que pour deux coxibs, l'étoricoxib (Arcoxia) et le rofécoxib (Vioxx retiré du marché mondial en 2004).  Le risque était accru de 16% à 83% selon le médicament et l'état préalable de l'utilisateur. À très fortes doses, le risque d'hospitalisation était même multiplié par deux, notamment pour le diclofenac.

Utile pour la pratique clinique. "Dans la mesure où toute augmentation d'un risque potentiel peut avoir un impact considérable sur la santé publique, les estimations de risque fournis par cette étude pourront servir dans la pratique clinique et dans le travail réglementaire" soulignent les auteurs de l'étude. Ils reconnaissent qu'il s'agit d'une étude "observationnelle" et qu'aucun lien de cause à effet n'a pu être démontré à ce stade.
Le Dr Tim Chico, de l'Université de Sheffield s'est efforcé de rassurer les patients : "les risques d'un traitement à base d'ibuprofène sur une courte période chez des personnes sans risque cardiaque évident restent faibles", relève-t-il.