Villepin : "non, il ne faut pas intervenir militairement en Syrie"

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L'ancien ministre des Affaires étrangères est favorable au système d'asile unifié proposé par Angela Merkel et François Hollande.

INTERVIEW

Face à la crise des réfugiés, les grands pays s’interrogent. Samedi matin, près de 3.000 migrants ont quitté la Hongrie pour rejoindre l’Autriche. Mais l’Europe peine à adopter une position commune sur ce sujet brûlant. Pour Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères invité samedi matin d’Europe 1, "c’est une dérive historique dont nous sommes tous des acteurs. Il y a eu les boat people, les réfugiés des Balkans mais, pour la première fois, nous atteignons des sommets."

"La France n’a pas été parmi les pays pionniers". Dominique de Villepin veut toutefois voir "une chance historique" dans ce qui se passe actuellement. Une "chance historique pour nos démocraties, pour l’Union européenne. Et une chance économique", a-t-il estimé, pensant que l’heure est à l’obligation d’un rebond. Interrogé sur la volonté d’Angela Merkel et François Hollande d’instaurer un système d’asile unifié en Europe, Dominique de Villepin a estimé que "cela va dans le bon sens. Nous devons être le plus ambitieux possible face à ce drame historique. Il est normal que nous soyons à l’initiative. Il faut faire une coalition des pays volontaires. La France n’a pas été parmi les pays pionniers, comme l’Allemagne ou les pays du Nord. Il lui appartient de reprendre toute sa place".

"Une intervention militaire, c’est la destruction d’une société". Quant aux causes de cette crise et de cet exode– la guerre en Syrie -, l’ancien ministre estime qu’il ne faut pas intervenir militairement en Syrie  "non ! Je le dis fortement et solennellement. Nous avons déjà commis cette erreur-là, qu’il s’agisse de la Libye ou de l’Irak. Et on sait tous que cela rajoute de nombreux drames et que cela ne faut qu’aggraver les choses. N’oublions pas qu’une intervention militaire, c’est la destruction d’un Etat mais aussi d’une société. Et c’est souvent irréparable…"