Valls veut faire la paix avec Taubira

A La Rochelle, Manuel Valls a entérré la hache de guerre avec la ministre de la justice Christiane Taubira, au sujet de la réforme pénale.
A La Rochelle, Manuel Valls a entérré la hache de guerre avec la ministre de la justice Christiane Taubira, au sujet de la réforme pénale. © Reuters
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Frédéric Frangeul avec AFP , modifié à
Le ministre de l'Intérieur a délivré samedi un message d'apaisement aux universités d'été socialistes.

L’INFO.  Il a décidé de mettre les différends en sourdine. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a enterré samedi la hache de guerre avec sa collègue de la Justice, Christiane Taubira, avec qui il s'est opposé cet été sur le projet de réforme pénale. Beaucoup d'applaudissements, mais aussi quelques sifflets, ont accueilli le discours du locataire de la place Beauvau à l'université d'été du Parti socialiste à La Rochelle, en Charente-Maritime. 

Le discours de Manuel Valls, capté par les caméras de BFM TV :

Taubira, "une amie". "J'ai le libre choix de mes ennemis, eh bien Christiane Taubira est une amie, une ministre dont chacun de vous connaît les qualités", a assuré Manuel Valls devant des centaines militants réunis pour un atelier intitulé "Faire gagner la démocratie contre l'extrême droite". "La justice et l'Intérieur sont l'autorité, une valeur qui a trop d'importance pour être sacrifiée sur l'autel des ego", a-t-il considéré. 

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"Nous voulons la même chose". Quant à la pierre d’achoppement qui crispe depuis des mois les deux ministres, à savoir la réforme pénale, Manuel Valls a soutenu qu’elle n’était pas source de tensions. "Nous voulons la même chose : réformer la loi pénale, mener une politique de sécurité qui soit juste et efficace", a-t-il aussi assuré. "Nous la portons ensemble".

Les désaccords enterrés. Dans un courrier au président François Hollande révélé mi-août par Le Monde, Manuel Valls avait fait état de vifs désaccords avec le texte porté par la ministre de la Justice et s'interrogeait sur "la soutenabilité politique" du projet imposant le développement de peines alternatives.

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Des réponses aux critiques... Très présent sur le terrain tout l'été, le ministre de l'Intérieur a été critiqué par les Verts et l'extrême gauche sur son discours sécuritaire, jugé trop à droite. En réponse à l'une de ces critiques, Manuel Valls a affirmé que l'islam était compatible avec la démocratie mais que la France ne devait pas céder sur ses valeurs, la laïcité notamment. "Oui, l'islam est compatible avec la démocratie", a-t-il dit. 

...et une mise au point. Accusé par Jean-Luc Mélenchon d'être "contaminé" par les idées de Marine Le Pen et de reprendre "les mots infâmes de l'adversaire", Manuel Valls a assuré que "le ministre de l'Intérieur est de gauche, est socialiste". Il a voulu écarter tout angélisme pour combattre le FN, "un parti qui simplifie tout et ne règle rien". S'il s'est dit fier d'avoir abrogé la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers, Manuel Valls a appelé à ne pas céder à la "posture" en matière d'immigration.

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