Valls sur Europe 1 : ses principales déclarations

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L'ESSENTIEL  - Le Premier ministre était l'invité exceptionnel du Grand Rendez-Vous Europe 1/Le Monde/iTélé.

A deux semaines des élections départementales, Manuel Valls est en campagne. Lundi, il sera encore en meeting dans l’Oise, avant de se rendre en Meurthe-et-Moselle. Mais pas seulement. Vendredi, le Premier ministre a également annoncé des mesures pour favoriser la mixité sociale dans les quartiers et combattre "l'apartheid social, territorial et ethnique" en France. Une actualité nourrie que Manuel Valls a commenté dimanche matin, lors du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Monde/iTélé.

LES TROIS CHOSES A RETENIR

- Un nouveau 49-3 possible ? "Je n'exclus rien", a assuré Manuel Valls
- Le Premier ministre pense que le Front national peut gagner l'élection présidentielle dès 2017
- Valls restera, "sans aucun doute", Premier ministre après les départementales

• "Ma mission va se poursuivre"

Interrogé en premier lieu sur la menace terroriste qui plane sur la France, Manuel Valls a parlé "d’une gravité exceptionnelle et pour longtemps, puisque l’Etat islamique est en train d’étendre son emprise. Mon destin n’est pas en jeu. La politique économique, qui est en train de donner des résultats, va se poursuivre. Donc ma mission comme Premier ministre va se poursuivre. Si je fais campagne, c’est que j’ai peur pour mon pays, peur qu’il se fracasse contre le FN". La lutte contre le parti de Marine le Pen est devenue une priorité pour Manuel Valls car "à 30%, c’est d’une extrême gravité ! Pour notre pays, pour son image dans le monde ! Face à ces dangers, je fais campagne. (...) J’en appelle à tous les électeurs, à tous ceux qui sont sortis dans la rue le 11 janvier, allez voter ! Votre amour de la patrie, de la démocratie doit s’exprimer aussi dans les urnes. Vous ne pouvez pas laisser le FN devenir le premier parti de France."

Et Manuel Valls d'ajouter, le ton grave : "Est-ce que vous ne pensez pas qu'un Front national qui fait 25% aux élections européennes, peut-être 30% aux départementales, et ainsi de suite, ne peut pas gagner l'élection présidentielle? Pas en 2022, pas en 2029, mais en 2017! ".



• "Une élection n’est jamais perdue d’avance !"

S’il mouille le maillot sur le terrain afin éviter une débâcle de la gauche aux départementales, Manuel Valls estime que cela commence à porter ses fruits, lui qui "sent sur le terrain, avec les candidats, un climat qui est en train de changer. Il faut se battre, une élection n’est jamais perdue d’avance ! C’est ce que Frédéric Barbier, élu député en dépit tous les pronostics dans le Doubs, ne cesse de rappeler aux uns et aux autres."

• "Je ne veux pas polémiquer avec Sarkozy"

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Comme lui, Nicolas Sarkozy mène campagne pour faire gagner son camp aux départementales. Et, comme lui, le patron de l’UMP tape fort sur le Front national, répétant dès qu’il le peut sa nouvelle formule, "le FNPS" : "quand la gauche s’est retrouvée éliminée dès le premier tour de la présidentielle, en 2002, elle n’a jamais hésité. Face à un candidat du FN, nous appellerons toujours à voter pour le candidat de la droite républicaine. Il ne peut pas y avoir d’exception à cette règle. Je suis prêt à débattre en permanence avec Nicolas Sarkozy et les responsables de l’UMP. Nous avons évidemment des différences et elles sont nécessaires. Mais je leur demande de manière solennelle de faire attention aux mots utilisés."

• Un nouveau 49-3 possible ? "Je n'exclus rien"

Après avoir vanté les mérites de la loi Macron, passée au forceps, Manuel Valls a été interrogé sur une éventuelle nouvelle utilisation de l’article 49-3 de la Constitution. Et il est clair : "Je n'exclus rien. Avec le 49-3, nous avons fait la démonstration que nous poursuivons les réformes. Je crois toujours au dialogue. Il y a eu un débat exemplaire sur ce sujet. Mais ce que les Français nous demandent, c’est d’agir. Si nous avions échoué sur la loi Macron, nous faisions la démonstration que nous étions incapables de réformer. L’autorité est nécessaire."



• "Le gouvernement a intégré le niveau de la menace terroriste"

Concernant la menace djihadiste, Manuel Valls a assuré que "le gouvernement a intégré le niveau de la menace et nous agissons en conséquence. Il faut agir avec la plus grande fermeté. Il y a aujourd'hui 3.000 Européens en Syrie et en Irak. Il pourrait y en avoir 5.000 avant l’été. Vous vous rendez compte de la menace ? Dans le monde, ce sont les musulmans les premières victimes !"



Valls : avec Hollande, "nous sommes main dans...par Europe1fr

Interrogé sur les mesures annoncées pour lutter contre “l’apartheid social”, Manuel Valls a rejeté l’idée de mettre en place des statistiques ethnique, mais "en revanche, travailler sur des statistiques de la diversité nous donnerait les moyens de mieux regarder nos politiques de peuplement. Mais pour empêcher la ghettoïsation, il faut des mesures fortes, celles que nous venons de prendre, notamment la loi qui oblige toutes les villes à construire du logement social. L'Etat va se substituer aux maires qui ne veulent pas construire".

• "La loi macron appliquée, je l’espère, d’ici l’été"

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Mario Draghi, président de la BCE, va lancer lundi son plan de rachat de dettes publics et privées. Il promet d’injecter 1.100 milliards d’euros en 18 mois. Manuel Valls salue "cette décision, importante pour la zone euro afin de soutenir la croissance. Lors de mon discours de politique générale, en avril 2014, j’avais souligné, que l’euro était trop fort. Le fait qu’il ait sensiblement baissé donne une bouffée d’oxygène aux entreprises de la zone euro". Comment la France va-t-elle profiter de cette bonne période économique ? "Nous continuons à mener les réformes ! La loi portée par Emmanuel Macron va être adoptée et appliquée, je l’espère, d’ici l’été. Il faudra faire en sorte que les décrets d’application sortent le plus vite possible. ce pays a trop de carcans, de blocages, cette loi y répond."

• "La parité, c’est une révolution"

La parité, nouvel invité de ce scrutin, c’est "essentiel. 13% de femmes dans les conseils généraux seulement ! La politique, c’est aussi la preuve par les acres. Le 29 mars, c’est une révolution, il y aura 2.000 femmes sur 4.000 conseillers départementaux !"

>> Retrouvez l'intégralité de cet entretien en vidéo :



Le Grand Rendez-Vous avec Manuel Valls (Partie 1)par Europe1fr

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